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Grâce à l'accueil favorable de "Nid de guêpes", Florent Emilio Siri tape dans l'oeil de Bruce Willis en personne qui lui confie alors les commandes de son nouveau bébé, "Otage", thriller d'action...
Avec Otage, Florent Emilio-Siri a rejoint la longue liste des réalisateurs français qui se sont pris en pleine face le système hollywoodien. En même temps, avec Bruce Willis producteur et acteur, comment aurait-il pu espérer vaincre la machine ? Pour être juste, il faut avouer qu'il n'a pas été aidé par un ensemble de facteurs des plus hostiles. Mais un peu de distance avec son sujet aurait peut-être pu faire passer la pilule plus aisément.
Dérouler un scénario d'une telle indigence avec un tel aplomb ne pouvait en effet que mener au naufrage. Et Otage s'y précipite les yeux grands ouverts, incapable de se départir un seul instant de sa pompe déplacée.
Comment croire un seul instant qu'un gamin vaguement sociopathe peut décimer une unité de SWAT à lui tout seul ? Comment ne pas se facepalmer d'importance devant la facilité scénaristique du gamin à l'intérieur de la maison qui 1) a un téléphone portable 2) peut voir les caméras de sécurité depuis la télé de sa chambre 3) peut se faufiler partout dans la maison 4) connaît les codes pour ouvrir le coffre à flingues de son papounet ? La liste d'impairs est longue, mais le plus grand reste quand même le rôle de Willis dans le film, puisqu'il ne sert... strictement à rien. Au contraire, ses interventions ne font qu'envenimer les choses, mettent le gamin en danger, et la maison n'est finalement libérée que parce que les über-méchants interviennent violemment. En fin de compte, pas étonnant qu'il ait perdu son boulot de négociateur au début du film - un comble pour un film qui use et abuse de la bonne vieille ficelle du "flic avec un trauma qu'il va devoir surmonter pour réussir".
Siri a beau tenter d'esthétiser certaines scènes, la nullité de l'histoire et le mélange entre musique épique, scénario improbable et situation pathétique avorte ces bonnes intentions et rend le tout encore plus ridicule.
Après Otage, Florent Emilio-Siri reviendra en France la queue entre les jambes pour tourner un Ennemi intime correct, un film avec Franck Dubosc, le biopic de Claude François, et la série à triste (ou drôle, selon les personnes) réputation Marseille.
Tirez-en les conclusions que vous voulez.
Créée
le 20 juin 2016
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