Ce film a l'avantage d'être traité avec délicatesse et l'inconvénient d'être de qualité très inégale. Au départ, l'intrigue de la quête du père biologique se déploie avec efficacité. Les éléments psychanalytiques sont parsemés avec justesse et l"on voit la répétition de génération en génération d'un tabou non résolu en amont de l'histoire familiale. Mais le film glisse progressivement du sujet sérieux à la comédie. Pour exemple, le personnage attardé du père de la petite fille d'Erwan dénote complètement et discrédite la construction solide du film pourtant présente au préalable. La dialectique entre père symbolique et père biologique, et la question de la filiation humaine, finissent en jus de boudin.
Le final est douteux, en écho au titre et le spectateur ne pourra être que frustré par l'effacement de la psychologie des personnages et leur profondeur saupoudrée au début, pour laisser place à des réflexes robotiques sans pertinence. Dommage car le thème choisi et le travail des acteurs étaient prometteurs. Le changement de genre du film vient tout gâcher et laissera un goût amer d'inachevé.