L'intrigue d'Ouragan sur le Caine rappelle - l'exotisme et le sadisme de Bligh en moins- le drame des Révoltés du Bounty. La sévérité de l'officier Queeg (Bogart), prenant le commandement du destroyer Caine, rencontre l'hostilité de l'équipage. Ses attitudes et sa paranoïa -trouble essentiel au cœur de l'intrigue- lui valent la défiance de ses subalternes, lesquels auront à en répondre devant une cour martiale.
Le film, malgré les moyens navals mis à sa disposition, manque un peu d'envergure. L'intrigue qui se noue à bord du Caine, fondée principalement sur un antagonisme de type militaire et hiérarchique, est sans surprise. De la même façon est traitée, sans véritable profondeur, la pathologie psychiatrique, du capitaine Queeg.
Le réalisateur Edward Dmytryk, fidèle en cela à une thématique récurrente dans ses films, est plus intéressant, plus subtil, lorsqu'il évoque la notion de culpabilité. L'argument est bref mais cinglant. D'abord, le cinéaste accable de son mépris l'un des accusateurs de Queeg lors du procès. Puis lorsque Queeg fait un coupable tout désigné, il parvient à relativiser et à mettre en balance les responsabilités. C'est un aspect secondaire mais il est symptomatique de son auteur, fustigé pour sa collaboration avec le maccarthysme.