OXANA m’a permis de mieux comprendre l’origine du mouvement des Femen, à travers l’histoire d’Oksana Chatchko, l'une de ses trois fondatrices. Le film retrace et rend hommage avec élégance et subtilité à son engagement militant.
D'abord, l'injustice qui s'immisce dans toutes les sphères de sa vie, conséquence direct des inégalités présentes dans toutes les sphères de sa vie : sa famille, son pays, ses alliées, les institutions.
Egalement, des phrases marquantes qui résonnent encore dans mon esprit comme "nos seins, nos armes" lorsqu'elle comprend que, pour marquer les esprits, elle doit se réapproprier son corps, afin qu'il ne soit plus objet de désir, mais outil de revendication politique. Cette vision aura profondément transformé son approche de l'activisme et fera la singularité du mouvement des Femen.
Finalement, Charlène Favier nous plonge dans ce qui anime Oksana depuis son enfance : l'art qui s'entremêle jusqu'à servir son militantisme.
En fin de compte, selon moi, le film invite ainsi à une réflexion profonde sur deux thèmes majeurs :
- Le militantisme : avec ses luttes publiques que l'on connaît mais également ses conflits internes et les rivalités d'ego
- Le sens de l'art : Qu'est-ce que l'art sans portée politique ? A-t-il vraiment un sens ? Encore plus quand il devient marchand... ?
J’ai particulièrement apprécié la structure en miroir du récit : on suit sa vie en parallèle d’une seule journée, celle de son vernissage, à la fois point "culminant" de son art, et moment de bascule.