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J’ai toujours cette même ambiguïté avec Pacific Rim, que je dois voir là pour la quatrième ou cinquième fois. Car c’est avant tout le délire d’un otaku qui fait joujou avec ses fantasmes de kaijus et de méchas, où les décors partent en éclat tout en servant ludiquement les grosses bastons (comme ce paquebot en guise d’épée, fantastique) décérébrées. Et c’est la promesse de del Toro, il n’y a clairement pas tromperie sur la marchandise : un blockbuster qui envoie de la tatane gargantuesque sous fond d’héroïsme martial et de destruction massive.


Et là dessus, Pacific Rim est une réussite totale. Entre les références qui n’empêchent jamais l’originalité dans la qualité des designs des gros robots et streumons (ou même l’usage de la voix de GladOS), la musique épique de Ramin Djawadi qui en fait des caisses à escient, la position christique finale d’un mécha amputé sauveur de l’humanité, tout transpire l’amour du cinéaste mexicain pour son matériaux. Il réalise un rêve d’enfant à 200 patates, et nous le propose avec toute la finition qui va bien. Car l’action est constamment lisible, de nuit et sous la mousson, la topographie des combats évidente, à la mer comme en ville, et les jeux d’échelles qui régissent tout cela sont toujours utilisés de façon ludique. Mieux encore, l’artiste n’oublie pas d’y glisser son univers fantastique avec ce marché noir qui rappelle les meilleures parenthèses de ses œuvres, comme le troll market de Hellboy 2 ou le nightclub de Blade 2.


Guillermo ne se fout pas de nous, clairement. Seulement, qui dit blockbuster de baston géantes semble également dire personnages archétypaux dont on se contrefout, et absence d’enjeux émotionnels. Car si l’iconisation des Jaegers fonctionne d’un point de vue purement visuel, toute la partie conceptuelle des ponts neuronaux est intéressante mais bien trop peu développée. Alors on doit accepter la connexion entre la moule qui sert de protagoniste et la petite protégée d’Idris Elba, comprendre la douleur de ladite moule d’avoir perdu son frère alors qu’ils étaient interfacés par de simples rappels de dialogues sans que l’on nous montre quoi que ce soit, et s’amuser des deux scientifiques ridicules. Mais ça ne prend pas, et on attend juste le prochain morceau d’action.


Et en soi, je n’ai pas de problème avec un film qui se délaisse du fond pour se concentrer sur la forme. J’en faisais déjà le constat sur Havoc il y a quelques semaines. Mais dans le cas particulier de Pacific Rim, ça me dérange, et je suis bien en peine de comprendre pourquoi. Sans doute cet univers ne m’accroche-t-il juste pas, ayant d’habitude une réaction de recul devant les méchas (tout en appréciant les kaijus). Je ne parviens simplement pas à m’abandonner dans cette lettre d’amour régressive à un genre qui n’est pas mien. Et pourtant, j’y reviens régulièrement dans l’espoir que mon avis change. Mais en attendant, je reste sur une appréciation timide d’un truc pourtant chiadé.


Créée

le 18 juin 2025

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Frakkazak

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