J'étais venu en quête de pure détente. J'espérai prendre un sacré pied de plaisir coupable absolument revendiqué. Je voulais poser mon cerveau, en prendre plein les yeux, jubiler devant une 3Dè pour une fois utile.
Alors, bien entendu, un blockbuster reste un genre assez limité : persos caricaturaux, complexe du père, pas trop de victimes chez les héros ou alors des sacrifices épiques. Oui, on voit le sort de certains personnages arriver à des kilomètres. Oui, triple oui, il y a quelques longueurs ou énormes ficelles du genre. Mais, par tous les dieux, Merci Del Toro ! Je ne suis pas venu chercher des questionnements sur notre monde ou trouver l'anti-héros absolu, le personnage complexe du siècle ! Au moins on ne m'a pas vendu un Darkness des ténaybreeeeees !
Franchement, quel pied de ne pas voir un film de fin du monde pulvérisateur de mégapoles aux STATES ! Les USA ? Réglés en quelques instants, via deux trois images et une virée en Alaska : ils se sont faits pliés, comme tout le monde. Les Européens ? Ben on en parle à peine si ce n'est pour dire qu'ils se gavent de commerce et que les Allemands aiment la poudre d'Alien et que les Ivans restent des Ivans : ils frappent fort et savent trouver tout ce dont on a besoin dès lors qu'on cause plutonium. Le monde a basculé, le centre de gravité que fut, longtemps, l'Atlantique, a évolué vers l'immense Pacifique. L'Asie va déguster ce film avec une jubilation évidente : les Chinois sont là, Hong Kong devient le coeur de la résistance, les Nippons ont leur héroïne, on cite même les Philippines !
Del Toro a remplit le contrat en livrant même quelques bonnes surprises, ainsi cette atmosphère bladerunneresque (merci Real_Folk_Blue) d'une ville dégoulinante et vampirisante. Les duels sont carrément dantesque, nawakien comme espéré ; non seulement les Jaegers sont réussis et dignes mes meilleurs production à bases de Méchas nippons, mais les Aliens sont superbes, brutaux, intelligents et tellement bien pensés ? Je ne veux pas dévoiler les arcanes de l'intrigue mais franchement, citer les dinosaures, c'est juste très bien vu comme explication ...
Jamais je n'ai vu une 3dé si bien pensée et au service d'un film. Oui, Avatar à côté est beau mais n'arrive pas à le cheville de cette réalisation là. Pas un arrière plan foireux ou un bord merdique. Je commence à voir ce que cette technique peut apporter à ce genre de film.
Alors oui, j'ai pris un pied fou devant les charges d'épaule. Le bateau en guise de masse, génial. L'épée, que j'attendais, le top. Ici on démembre, là on fracasse, on sort d'un immeuble, on déploie des ailes préhistoriques ; cet hommage à la culture nippone est parfaitement mené, de bout en bout. Pacific Rim c'est Godzilla, Goldorak, Gundam, Macross et consorts. Une synthèse qui ne se contente pas de réutiliser une franchise comme on s'apprête à la faire de façon si désespérante pour Terminator ou de façon aussi niaise et vide pour WWz et autres Transformers. Un pur Blockbuster qui ne se prend pas au sérieux, LE nouveau cardo et decumanus du genre. Un film monstrueusement jouissif et régressif comme ce Ron Perlman tellement ... Perlmanien.
En plus maintenant je sais que Goldorak pourrait ressembler à quelque chose au cinoche : merci Del Toro !