Je pensais savoir ce qu'allait être Pacific Rim et ce qu'il ne serait pas.
J'étais persuadé qu'on avait enfin là l'ultime trip à se mettre dans la tronche en été quand il fait 40 degrès dehors. Que le film allait être épuré et lavé de toutes les fioritures habituelles des blockbusters estivaux pour ne garder que la crème. En l’occurrence, je voulais une montée épique de 2h00, un acharnement des Kaiju prétexte à un match de rugby entre des colosses et des séquences qui poussent la démesure à chaque fois.
Du coup, j'attends encore.
Parce que moi ce que j'ai vu, c'est des histoires d'humains insipides qui viennent mettre à l'air ce pour quoi j'étais venu au ciné.
Par exemple, on me dit au début qu'un Jaeger, ça se pilote à deux. Je note. J'apprends ensuite que le héros est le seul capable de piloter ces engins en solo. Pourquoi pas, c'est lui le patron après tout et puis ça augure surement une situation cool à un moment (j'étais innocent). Mais putain, pourquoi à la moitié du film on perd 30 minutes en tout à le voir gesticuler avec une jap pour former un duo dont personne ne veut ?! Et l'histoire du frère ne justifie pas qu'on préfère que qqn prenne sa place et puisse lire en lui ou je sais plus quoi alors qu'il sait piloter tout seul.
Pourquoi on nous fait monter la pression autour des catégories de Kaijus alors que les combats les plus épiques restent contre des monstres de CAT 3 et que le dernier, oh mon dieu, on en avait jamais vu un comme ça, se fait dézinguer en deux deux au fond de l'Océan ?
Pourquoi quand on nous parle que chaque pays à son robot, on a le droit qu'à une seule action en coopération ?
Pourquoi il n'utilise qu'une fois son "Rocket Elbow", son épée et un paquebot pour se battre ?
C'est incroyable le nombre de fois dans le film où je me suis dit "ça y est, copain Del Toro s'est enfin affranchi de pleins de trucs, il a fait plaiz aux producteurs et sponsors, il a fait sa séquence "adieu mon frère" et "papi et fiston à la plage" maintenant il prend ses machines, ses monstres, sa ville et il va me décoller la rétine. Je suis sûr qu'il va y avoir des épées, des patates de forains, des combats dans l'espace, des plans missiles, des plans séquences totalement gratuits et jouissifs, des lancers d'immeubles..."
Eh bin là aussi, j'attends encore.
Finalement, comme pour l'horreur, la surenchère restera encore bien mieux maîtrisée et ressentie sur des médiums comme le jeu vidéo qu'au cinéma. C'est un autre débat certes, mais quand je repense au final de Bayonetta, certains boss de Vanquish, God of War, Gears of War et j'en passe, je me dis que pour une fois, le plus vieux devrait apprendre du plus jeune.
Tout le film se résume aux espoirs que l'on met parfois dans nos gâteaux. Persuadé d'avoir géré la recette, on le met au four mais les minutes passent et ça prend pas. Finalement, on le mangera et on y re pensera en se souvenant de la photo dans le livre de recette. Comme je me souviendrais de Pacific Rim avec les trailers (avec la voix de Glados).