C’est l’été, il fait chaud. Cloués en ville, faute de ne pouvoir suivre le troupeau dans le Sud ou sous les tropiques, que reste-t-il de mieux à faire que d’aller voir des films ? Le cerveau ramolli par la chaleur, rien de tel que de se jeter dans Pacific Rim avec la simple recommandation d’Hypérion « Yeah ! BIG MONSTERS, BIG ROBOTS, NO SCENAR ! ». Après tout, ça ne peut faire que du bien.
Il est vrai que la 3D aidant, on en prend tout de suite plein les yeux. Pas la peine d’attendre le premier combat. Il suffit de voir arriver à l’écran le premier monstre, bousillant un pont suspendu pour se demander ce que l’on est en train de voir bordel de bazar de chiottes. Avec la bouche pleine de pop-corn ça donne un truc du genre « Pftttdelchiiott ! Ppfftainttphsaamèreppfftt !! », tout cela soufflé dans l’oreille du voisin qui tente en même temps d’ôter les morceaux de maïs qui lui collent au pavillon.
Présentation des personnages, PAF ! premier combat entre les BIG MONSTERS donc, aliens assez moches qui ne ressemblent à rien, et les BIG ROBOTS qui ont vraiment grave la classe. La scène est d’une fluidité déconcertante et l’on sent tout le poids de la machine, amorçant ses coups avec deux, trois bonnes secondes de délais et assénant des tatanes d’une puissance phénoménale. Même chose pour les monstres qui déplacent leurs carcasses avec lourdeur. Tout cela en plein milieu de l’océan ! Chouette !
Et puis après, ça se gâte un peu. Et bien oui, j’avais zappé la fin du message d’Hypérion, le fameux « NO SCENAR ! ». L’histoire est absolument naze au possible, les personnages d’une crétinerie sans nom et surtout, surtout : il n’y a (quasiment) pas d’humour… Alors oui, je sais, quand on va voir ce genre de film, on ne vient pas se délecter d’un scénario aux petits oignons. Je le conçois, mais un scénario tout court, ce serait déjà pas mal. Des punchlines bien calibrées, du too-much, de la dérision, enfin tout ce qui fait que des grosses daubes sur papier deviennent franchement sympathiques. Ce qui fait que Battleship écope d’un 5/10 chez moi par exemple, et pas du 3 qu’il mérite sans doute.
Alors oui, vers la fin, il y a deux ou trois scènes qui m’ont fait sourire, notamment le robot arrivant derrière son ennemi à écailles en traînant derrière lui un paquebot gigantesque. Mais il m’a manqué la petite étincelle qui fait que les effets spéciaux ne font vraiment pas tout dans un film, même un blockbuster. Il faut qu’on s’éclate, même en prenant le film au second degré !
Malheureusement il manque à Pacific Rim cette petite étincelle et le film se fourvoye dans des clichés du genre sans faire mumuse avec. C’est vraiment dommage parce qu’il y avait du potentiel.