Pour ceux qui l'ignorent le kaiju eiga est un genre de film japonais qui emploie des maquettes de villes en carton et des acteurs costumés en grands monstres de latex. Les premiers kaijū eiga furent réalisés dans les années 50, dans le contexte d'un Japon post-Hiroshima. Un sujet cher au coeur de Del Toro.
Il est vrai que Del Toro réalise sont premier Blockbuster en s'attaquant au film de kaiju. Et c'est avec appréhension mais aussi excitation que je suis allé voir ce film. Car après Hellboy 2, Le Labyrinthe de Pan ou encore Blade 2 où il nous avait habitué à cette narration unique et fantaisiste et après toutes ses productions fantastiques où on devinait dès les premières images qu'il était derrière le projet, on peut dire que le réalisateur change d'échelle et c'est peu dire.
Amoureux invétéré des monstres, Del Toro rend hommage à ces films japonais jusqu'à son scénario. Il a l'intelligence de situer l'intrigue du film à Hong Kong là où un certain Roland Emmerich situait son navet de remake de Godzilla à New York. Mais plus encore, car pour combattre les Kaiju, il ira même jusqu'à rendre l'hommage complet en inventant les Jaegers. Et là on ne peut s'empêcher de penser au genre Mecha style Mazinger Z, Gundam, Macross, Evangelion ou même Goldorak.
L'histoire reste simple. Pour combattre les Kaijus, des créatures sorties d'une brèche inter-dimensionnelle près de la faille géologique au fond de l'Océan Pacifique, un nouveau genre d’arme a été conçu : des robots géants, appelés les Jaegers, qui sont contrôlés en simultané par deux pilotes dont les esprits sont reliés par un pont neuronal car celui-ci est trop vaste pour un seul cerveau. En 2025, suites au nombreuses défaites des Jaegers les différents gouvernements ferment le programme mais un petit groupe de résistants continue le combat et mettent sur pieds le plan de la dernière chance: Fermer la brèche avec les 4 Jaegers restants. Les forces qui défendent l’humanité n’ont pas d’autre choix que de se tourner vers deux héros improbables : un ancien pilote, Raleigh Becket (Charlie Hunnam), encore traumatisé par la mort de son frère pendant un affrontement contre un Kaiju et une recrue, Mako Mori (Rinko Kikuchi) qui n’est jamais allée sur le terrain…
Comme tout Blockbuster le scénario tient sur une feuille de papier à cigarette mais c'est belle et bien par son traitement que Del Toro fera toute la différence. En premier les Jaegers, ces immenses machines où chaque robot à son propre comportement sur le terrain et des looks unique ( Gipsy Danger, le Jaegers des 2 héros en tête ). Ensuite les Kaijus, (et c'est bien là qu'on reconnait la patte du réal et son adoration pour les monstres en tous genres ) sont d'une beauté saisissantes, et pour finir les combats, lisibles et titanesque .Oubliez Transformers et la caméra électrisée d'un Michael Bay sous amphètes, ici on prends son pied et on suit ce qui se passe sans se poser la moindre question. Quant à l'esthétisme, il est tout simplement bluffant, multipliant les clins d'oeils aux jeux vidéos, Del Toro oriente définitivement son métrage vers la culture japonaise.
Seuls regrets, j'aurais aimé en savoir plus sur les maîtres des Kaiju qu'on aperçoit brièvement à la fin du film et sur la dérive, ce système de pilotage unique où 2 pilotes doivent être impérativement connecté au système et partager leurs souvenir pour que leurs mouvements soit parfaitement synchronisés et ainsi diriger les Jaegers. Des sujet, espérons-le, traité dans le prochain volet au vu des scores au box office du film !!!