**Pacific Rim** avait de quoi faire peur au premier abord; un projet aux allures de Destruction Porn, un budget colossal destiné à écraser le Box Office mondial (ce n'est pas pour rien qu'on les appelle **Tent-poles**), on était en droit de se demander ce que **Guillermo Del Toro**, l'homme derrière **le Layrinthe de Pan** ou **l'Echine du Diable**, venait faire dans une machine pareil. Etait-il comme d'autres finalement avalé par la machine ou y avait-il quelque chose derrière tous ça que le barbu mexicain était entrain de nous préparer?
Avec **Pacific Rim**, l'amateur de littérature gothique à la **Henry James**, de **Lovecraft** et de monstres en tout genre surprend encore la où on ne l'attend pas; **Del toro** réalise un rêve qu'il fantasme depuis longtemps, mettre en scène un pur film de monstres géants dans la veine du **Godzilla** de **Honda** ou des animés Mécha à la **Evangelion**.
Cinéaste complet qui déploie au fils de ses créations un imaginaire puissant, **Del Toro** offre une direction artistique bluffante, retrouvant la palette de couleur dont lui seul semble vraiment avoir le secret, héritière du **Giallo** et du cinéma d'horreur espagnol, conjuguée à sa fascination des mécanismes et à une mise en scène lisible et intelligente, constamment pensée pour nous faire ressentir l'énormité des Kaijus et des Jaegers. Tout est fait pour nous ramener à leur échelle et apporter une sensation de gigantisme, l'ensemble donnant une dimension quasi mythologique à ses gladiateurs de chair et d'acier.
L'ensemble du casting est bon, des archétypes vite identifiables mais attachant, malins dans leur l'utilisation; **Charlie Hunnam** en leader convaincant, **Ron Perlman** qu'il est toujours bon de voir envoyer de la badasserie par cargaisons, et **Idris Elba**, ultra charismatique en armure venu défendre la terre en robot géant OMG mais qu'est ce que le monde attend?!! Mention spéciale à **Rinko Kikuchi**, véritable coeur du film.
Maladroit sur l'écriture de certains personnages et arborant un scénario en grande partie prétexte, **Pacific Rim** ne ment jamais sur ce qu'il est venu nous offrir: un Manga-Live d'orfèvre, un film sincère de bout en bout, 1er degré mais jamais bête, d'une honnêteté rafraîchissante, ne prenant jamais son public pour un imbécile venu consommer un produit abrutissant, ou donnant dans un américanisme nauséabond(oui oui **Michael Bay**, c'est bien mon doigt vengeur qui se loge progressivement dans ton globe oculaire).
Plaisir régressif galvanisant pour peu qu'on se laisse embarquer, à la fois pur délire de passionné et hommage aux films de monstres, **Pacific Rim** est à l'image de son créateur, à l'imaginaire aussi énorme que le coeur, parfois maladroit, parfois génial mais surtout plus malin qu'il n'y parait.
Ici **BigMadTom**, le nez fourré dans son coffre à jouet.