Il aura donc fallu attendre 5 ans après l’excellent « Hellboy II » pour qu’un nouveau film de Guillermo del Toro atteigne enfin les écrans de cinéma. L’homme est pourtant doté d’une liste de projets innombrables, mais le malheureux a joué de malchance ces dernières années après l’enlisement de la production du « Hobbit », projet depuis récupéré avec brio par Peter Jackson, et l’annulation (temporaire ?) de son adaptation des « Montagnes hallucinées » de Lovecraft, avec pourtant Tom Cruise en tête d’affiche. C’est donc avec une rage créatrice débordante qu’il nous sert un époustouflant cocktail de destruction massive, où des « mecha » affrontent des monstres géants au beau milieu de l’océan, en pleine ville, dans les airs et même sous la mer, soit un fantasme cinématographique total pour tout amateur de cinéma de genre. Le scénario est certes assez classique, mais la réalisation se montre magistrale, à la fois musclée et iconique, avec de multiples combats beaux et fun, et surtout toujours lisibles, bref tout l’inverse des horribles « Transformers » pondus par ce gros beauf de Michael Bay.
Côté casting, Charlie Hunnam se défend bien dans la peau du héros, mais finit par se faire voler la vedette par l’impétueuse Rinko Kikuchi, son personnage étant doté d’un trauma plus poignant, lui donnant une motivation particulièrement prenante. Idris Elba en impose quant à lui sévèrement avec un rôle martial de haut gradé, trouvant là une petite revanche par rapport à « Prometheus », où il était un peu trop en retrait. Éternel habitué du cinéaste, Ron Perlman compose de son côté un savoureux second rôle en dealer de viande de kaiju, habillé comme un mac et prompt à dégainer sa lame.
Faute d’être le chef-d’œuvre ultime tant attendu, voire même le meilleur film de son auteur, « Pacific Rim » s’impose malgré tout comme un très bon blockbuster estival, nous offrant un divertissement de tous les instants, généreusement pourvu, complètement impressionnant et grandiosement jouissif.
Je veux un Jaeger à Noël, si possible livré avec une Rinko Kikuchi.
« Elbow rocket! »