Ce film des frères Taviani, tout en dépouillement, est une très belle réflexion, sur un mode souvent métaphorique, à propos du savoir contre l'ignorance, de l'apprentissage contre l'analphabétisme.

La victime désignée des moeurs rudimentaires et frustes de la Sardaigne paysanne est ce gamin berger voué inexorablement à la brutalité paternelle et à la soumission au tyran patriarche. Les cinéastes s'appliquent à démontrer la rigueur et la pénibilité du travail, la rigidité des rapports humains autant que la frustration engendrée par le devoir filial exigé et, surtout, l'impossibilité d'émancipation d'une intelligence inculte.

La démonstration est faite lorsque l'enfant devenu adulte découvre les mots et leur sens, la lecture et l'étude, seules voies de rébellion et de salut. C'est alors, pour paraphraser Victor Hugo, la victoire de la lumière sur les ténèbres.

Le propos comme la mise en scène sont intelligents et le mémorable Omero Antonutti compose brillamment ce père dominateur puis vaincu.

Créée

le 8 mai 2025

Critique lue 8 fois

Critique lue 8 fois

D'autres avis sur Padre padrone

Padre padrone

Padre padrone

6

cadreum

le 29 mai 2025

Suivre

À parler plus fort que le père. À parler malgré le père. À parler au lieu du père.

Il y a des films qui ne vous accueillent pas. Des films sans poignée, sans seuil, sans promesse de chaleur. Il vous prend à rebrousse-cœur, vous jette dans une brutalité sèche, presque ingrate, où...

Padre padrone

Padre padrone

8

zardoz6704

le 22 août 2018

Suivre

Le mauvais génie des alpages.

Itinéraire d'un fils qui, jusqu'à l'âge adulte, doit vivre analphabète, sous la coupe d'un père violent, alors qu'il découvre progressivement une vocation pour l'étude. Le film est violent, mais pas...

Padre padrone

Padre padrone

8

Cinemaniaque

le 21 oct. 2012

Suivre

Critique de Padre padrone par Cinemaniaque

Palme d'Or en 1977, Padre Padrone est peut-être, de tous les films des Taviani, le plus touchant mais aussi le plus représentatif de leur cinéma tant il évoque avec grâce leur cinéma sans jamais...

Du même critique

Ran

Ran

4

inspecteurmorvandieu

le 3 mars 2025

Suivre

Critique de Ran par inspecteurmorvandieu

"Ran" est la transposition fidèle du Roi Lear dans le Japon tribal d'un siècle incertain. Si les personnages sont évidemment d'une autre nature et d'une autre expression, l'histoire et les thèmes de...

Comment j'ai tué mon père

Comment j'ai tué mon père

4

inspecteurmorvandieu

le 17 oct. 2024

Suivre

Critique de Comment j'ai tué mon père par inspecteurmorvandieu

Jadis père indigne, aujourd'hui vieillard énigmatique et ambigü, Maurice réapparait sans raison apparente et prend pension chez son fils ainé, lequel voue pourtant à son géniteur une rancune...

Les Milles

Les Milles

4

inspecteurmorvandieu

le 17 oct. 2024

Suivre

Critique de Les Milles par inspecteurmorvandieu

Sébastien Grall évoque un aspect méconnu de la seconde mondiale, côté français. Tout autant méconnu est resté l'officier français qui dirigea le camp de prisonniers civils allemands des Milles,...