Avec Paper Tiger, James Gray revient au film noir de ses débuts, adoptant un clair-obscur travaillé, une ambiance rétro-industrielle, et une histoire de famille en duel avec la mafia russe. Un film magistral à l’esthétique millimétrée.
L’oncle Gary (Adam Driver), ancien flic et malfrat, propose à son frère aîné Irwin (Miles Teller), un brin naïf et père de famille, un deal alléchant qui lui permettrait de faire fortune, sur un dossier en lien avec la réfection du canal Gowanus – le plus pollué de la ville de New York. Irwin se rend au premier rendez-vous avec les business partners et se retrouve menacé, lui et sa famille, par la mafia russe. À travers cette fresque familiale inscrite dans le film noir et le classicisme hollywoodien, Paper Tiger brosse finalement une rétrospective de la carrière de James Gray. Pour quel résultat ?
Un air de famille
Celui qui n’a (injustement) jamais reçu de Palme d’Or revient à Cannes avec un film puissant. Paper Tiger, son neuvième film, est une synthèse de sa carrière. Celle d’un cinéaste qui a fait le tour du monde pour comprendre que sa matière première trouve fondement dans le Queens de son enfance et ses origines russes. James Gray a exploré les confins de l’espace avec Ad Astra, les jungles boliviennes avec The Lost City of Z, les années Reagan avec Armageddon Time. Puis, il est rentré. À New York dans le Queens des années 1980, là où tout a commencé.
Dans ce western rétro-industriel, le cinéaste nous conte l’histoire de deux frères, Gary et Irwin, en duel avec la mafia russe et dont le lien commence à se fissurer. Il fait finalement écho à The Yards, où Leo se retrouve traqué par les siens, et à We Own the Night, quand deux frères choisissaient des camps opposés de la loi. La loyauté des liens du sang est replacée au cœur de l’histoire. Ce qui fascine chez Gray, c’est qu’il ne raconte jamais vraiment des histoires de crime. Il raconte des histoires de famille, mises en perspective par le drame.
Suite de la critique d'Ophélie à lire sur https://cineverse.fr/paper-tiger-de-james-gray-avis-critique/