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le 16 oct. 2013
SuivreEt pas Tati et patatras.
Le dernier film de Tati avant sa mort était présenté hier au Festival Lumière. En version restaurée, pour la forme. Pour la forme, parce qu'il n'y avait pas grand chose à restaurer. La faute à une...
A l'intérieur du Stockholm Circus se déroule un spectacle où se mélangent numéros de mimes (surtout sportifs) exécutés par Jacques Tati en personne, avec le même sens burlesque que dans ses créations cinématographiques, mais aussi d'autres numéros de music-hall effectués par d'autres artistes (il est alors seulement Monsieur Loyal) : jonglage, magie, clown. Le spectacle abolit la distance entre professionnels et amateurs, puisque certains des numéros sont assurés par des peintres décorateurs (apportant leur dernière touche pendant le spectacle) ou des personnes assistant à la représentation.
C'est le dernier long - métrage de Jacques Tati, qui lui permet en quelque sorte de refermer la boucle en immortalisant à l'écran les numéros de mime qui l'ont fait connaître à la scène avant de faire du cinéma, tout en partageant la vedette avec beaucoup d'autres artistes. Les numéros de jonglage sont impressionnants, mais il y a aussi d'autres "clous" (mention spéciale à Karl Kossmayer et sa mule).
Le film est plutôt dédaigné par les puristes cinéphiles, du fait d'un tournage en partie télévisuel (en vidéo capturée par les caméras de la télévision suédoise), d'où des gros plans (inhabituels chez le cinéaste) et des séquences plus découpées que dans ses autres longs métrages. Le sens du burlesque demeure, mais sous une autre forme.
L'inventivité est quand même au rendez-vous, visuellement, avec des décors achevés pendant la représentation par des peintres, en réalité jongleurs, acrobates... Bizarrement, on voit aussi des figurants dessinés en carton noir et blanc dans le public, tandis que les figurants bien réels arborent des tenues très colorées. Certaines séquences musicales (partition de Charles Dumont) se transforment en sketchs.
Au final, le spectacle d'un monde qui ne doit pas disparaître (le music hall), d'où les dernières scènes qui suggèrent une forme de transmission aux enfants...
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