Bong Joon-ho chef d'orchestre virtuose.

Les critiques ne tarissent pas d'éloges sur Parasite, le nouveau film de Bong Joon-ho, palme d'Or à Cannes, qui relate (pour faire très court) l'introduction d'une famille pauvre dans un foyer aisé de la Corée du Sud d'aujourd'hui. Et ceux qui saluent un film virtuose ont bien raison : Bong Joon-ho est un talentueux chef d'orchestre, qui dirige avec brio, et en évitant toujours la cacophonie, les codes de la comédie burlesque, de la tragédie sociale et familiale, du drame et de l'horreur.
Certains saluent le thème abordé et la dimension sociale du film, d'autres son actualité brûlante et la dénonciation qui s'y lit aisément. Mais ce qui est extraordinaire, c'est l'exploit que réussit haut la main le réalisateur de "Okja" et "Snowpiercer" : signer un film capable de divertir et d'interroger, de faire à la fois rire et réfléchir, pleurer et vibrer. L'usage du mot métaphore dans le film en est la preuve. Il invite à la réflexion, mais en étant employé à outrance ou de manière péjorative pour signifier qu'on ne comprend décidément rien à cette toile a priori virtuose du cadet de la famille, il fait aussi sourire.
Deux heures douze durant, c'est avec une maîtrise parfaite que la tension croît, que la psychologie des personnages se déploie, et que le spectateur est happé dans ce brillant et habile mélange de genres. Une palme d'or indéniablement méritée.

themadcat
9
Écrit par

Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2019

Créée

le 18 juil. 2019

Critique lue 183 fois

themadcat

Écrit par

Critique lue 183 fois

D'autres avis sur Parasite

Parasite

Parasite

8

AnneSchneider

le 2 juin 2019

Suivre

La maison fait le moine...

La septième réalisation du monumental Bong Joon Ho est fréquemment présentée comme une critique acerbe des inégalités qui minent la société coréenne. La lutte, d’abord larvée et de plus en plus...

Parasite

Parasite

9

Vincent-Ruozzi

le 29 mai 2019

Suivre

D'un sous-sol l'autre

La palme d'or est bien plus qu'une simple récompense. C'est la consécration pour un réalisateur ainsi que pour le cinéma qu'il représente. Il faut voir les discours de ces derniers qui, émus, avouent...

Parasite

Parasite

5

Larrire_Cuisine

le 4 juil. 2019

Suivre

[Ciné Club Sandwich] Lisez le premier paragraphe avant de nous insulter parce qu'on a mis 5

DISCLAIMER : La note de 5 est une note par défaut, une note "neutre". Nous mettons la même note à tous les films car nous ne sommes pas forcément favorable à un système de notation. Seule la critique...

Du même critique

La Tache

La Tache

9

themadcat

le 20 juil. 2019

Suivre

Bien plus qu'un thermomètre dans le cul de l'Amérique

En parcourant les premières lignes de "La Tache", qui fustigent la bien-pensance d’une Amérique hypocrite offusquée par l’affaire Lewinsky, on pourrait croire avoir entre les mains un énième roman...

Ceux qui travaillent

Ceux qui travaillent

8

themadcat

le 19 sept. 2019

Suivre

Du social à échelle humaine, sobre et efficace.

Sur le papier, Ceux qui travaillent avait de quoi rebuter. Un film sur les affres du grand méchant capitalisme? Un long-métrage gonflé par un pathos artificiel et déformé par des caricatures outrées...

Les Confessions d'un bourgeois

Les Confessions d'un bourgeois

7

themadcat

le 3 août 2019

Suivre

Témoignage à valeur ajoutée, le Zweig hongrois?

Dans un style clair et direct, Sándor Marai retrace ici son cheminement personnel, entre une Hongrie bourgeoise et une Europe au bord du gouffre gangrénée par la montée des totalitarismes. Des moeurs...