Avec Parasite, Bong Joon-Ho signe un thriller social aux ambitions évidentes, explorant la lutte des classes à travers le destin d’une famille pauvre qui infiltre progressivement le quotidien d’une famille aisée.
Visuellement, le film impressionne par sa maîtrise technique, notamment lors de la séquence de l’orage dévastateur, dont l’intensité dramatique reste marquante malgré son impact très limité sur l’intrigue. Le casting s’en sort globalement bien, avec une mention spéciale à Lee Sun-kyun, impeccable. Cependant, derrière cette façade léchée, le scénario souffre de nombreuses incohérences. Pourquoi la famille de Ki-taek ne cherche-t-elle pas à s’installer ailleurs une fois leur situation améliorée ? À quoi servent ces interrupteurs au sous-sol, sinon à justifier artificiellement des rebondissements ? Le personnage du locataire caché semble parachuté dans l’histoire, sans explication convaincante sur son passé ni sur le devenir de la gouvernante.
Le film s’engage sur plusieurs pistes mais peine à leur donner du relief. La romance entre Ki-woo et Da-hye par exemple aurait pu proposer un regard sur la possibilité de transcender les barrières sociales, mais elle reste anecdotique. Quant au climax, il abandonne toute portée sociale pour un coup de sang brutal et presque gratuit.
Au final, Parasite expose une lutte des classes en surface, mais ses relations interpersonnages restent trop limitées pour offrir une vraie réflexion marquante. Un thriller ambitieux mais qui finit par se perdre dans ses propres artifices et facilitées.