Cette critique contient des éléments de nature à divulguer certains développements du film
C'est toujours la même chose avec moi. Je ne vois pas le film à sa sortie alors qu'il a remporté mille et une récompenses et je le regrette.
Après avoir acquis le DVD, je me lance dans le visionnage. La première heure est énorme. J'étais absolument scotché. Au point que je commençais à deviner où Bong Joon-Ho nous emmenait avec sa bande des quatre qui avait investi la maison après le départ en vacances des propriétaires. Je voyais même venir une histoire de "squat à la française" avec dépossession et, pourquoi pas, une inversion sociale à la clé, les pauvres à la place des riches et vice-versa.
Et puis non, on assiste à un vrai tournant de l'histoire qui part dans une autre direction : une bagarre entre pauvres à l'insu des riches. Je me suis dit : intéressant comme développement, ce grain de sable qui grippe la mécanique bien huilée de l'arnaque . Voyons voir où Bong Joon-Ho va nous emmener ! Et encore une fois, on assiste à un nouveau tournant de l'histoire avec la fête d'anniversaire du rejeton de la famille des propriétaires. Mais le film repart et prend une troisième direction vers une conclusion que j'ai trouvée un peu décevante. Ou du moins pas à la hauteur de la première partie.
Je me suis même demandé si je n'avais pas loupé un élément. Grâce à la magie du DVD, j'ai donc remonté le courant pour revoir la dernière demi-heure à partir de l'anniversaire mais malheureusement, je suis au regret de constater que rien (de fondamental) ne m'avait échappé … Oui, la fin me déçoit un peu …
C'est le deuxième film de Bong Joon-Ho que je regarde après "Mickey17" qui m'avait laborieusement convaincu mais certainement intéressé.
Là, "Parasite" est nettement mieux. La première heure est énorme comme je le disais plus haut. Un scénario palpitant, bien foutu, vraisemblable. Enfin, c'était gros, culotté mais j'y croyais à fond. D'autant que tout cela se doublait d'une critique acerbe de la société coréenne entre les gens du haut et les gens du bas. Les gens du haut qui sont à la fois naïfs et soucieux que les pauvres restent bien à leur place en ne "franchissant pas la ligne". Et ces gens du bas qui n'ont qu'une ambition, c'est de grimper retrouver les gens du haut. À l'image de ces escaliers qui n'en finissent pas, que les uns et les autres ne cessent d'arpenter.
Et puis cette histoire d'odeur qui est presque un nouveau tiroir de l'histoire, émis par le propriétaire qui m'avait lancé sur une fausse piste. C'est l'odeur des pauvres en général ou bien l'odeur spécifique de la bande des quatre ?
Si le film était resté au niveau de la première partie, j'aurais sans hésiter mis 10. Le fléchissement que j'observe à la fin va faire que je vais terminer sur un très honorable 8 …
Ce qui m'encourage certainement à continuer de découvrir ce cinéaste …