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C'est la fille.
Paris Texas, c’est l’existence d’un terrain vague au milieu de nulle part, une contrée vide de vie qui ne demande qu’à reconstruire les péripéties d’un passé lointain et oublié. Derrière un accord...
le 23 févr. 2015
Par le train, vous y seriez déjà...
GPS, seule femme que les hommes écoutent.
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Quelle heureuse surprise que ce film, que j'avais toujours traîné les pieds à regarder, voire même enregistrer ! Il y a tellement eu de "road-movies" au cinéma : entendez-par là "nos chemins de Compostelle" mais en bagnole qu'abondance de bien nuit parfois.
Et puis, la durée du film qui paraît aussi rébarbative que les séries à rallonges aussi creuses que leurs histoires !
Cent quarante sept longues minutes : Compostelle à pied, ça semble à priori ressembler à une éternité. Enfin, tant l'affiche que le titre du film n'étaient pas de nature non plus à attirer le chaland... Ni les médailles en chocolat qu'il a glanées et caractérisant le nombrilisme de la profession...
Je vais vous dire : cherchez à en savoir le moins possible sur le récit de ce film qui semble se décomposer en deux parties", la cerise sur le gâteau étant à la fin... Le scénario de
Sam Shepard, et L. M. Kit Carson, particulièrement dense, regorge de surprises et énigmes que vous n'avez aucun intérêt à déflorer en vous informant trop sur le script.
C'est l'histoire d'un mec (comme disait Coluche) muet, amnésique, qui a fui son passé, sa vie maritale, et sa paternité (mais celle-là, vous ne la connaissez pas) qui déambule dans le Texas... Son frère le retrouve et lui demande où il comptait aller : "A Paris répond-il" car vous le découvrirez peut-être comme moi : il existe une ville nommée ainsi dans le Texas de vingt-cinq mile habitants ! Mais aucune image de ce film n'y aura été tournée... Travis (le mec) refuse de prendre l'avion et le frangin doit donc le rapatrier à Los Angeles en voiture...
Le reste, vous le découvrirez vous-même, en allant de surprise en surprise, la fin recélant un immense déroulement dramaturgique... dans un salon particulier de strip-tease !
Sans qu'on voie un centimètre carré de nudité... Éternelle pudibonderie américaine. Toujours craintif vis à vis de la censure américaine Wim Wenders ? Alors même que son actrice lui propose d'enlever son pull ? Frustrant.
Wim Wenders (1945/ ----) qui tourne toujours malgré son âge, a pris beaucoup de risques en engageant un habitué des seconds rôles comme héros principal, héros effacé à la salle tronche : Harry Dean Stanton (VF : Gilles Segal) dans le rôle de Travis Henderson... Et pourtant, l'adéquation homme-personnage est parfaite... Aussi parfaite que celle de Nastassja Kinski (VF : Pascale Rocard) : Jane Henderson dans le peep show... Mais je vous en ai déjà trop dit...
Cette production germano-franco-britannico-américaine sent bon notre hexagone sous la houlette de Aurore Clément, née la Soissons dans l'Aisne la même année que le réalisateur, et qui excelle dans un rôle pourtant effacé... On s'interroge sur les raisons de son choix : à 39 ans, pour une femme, les propositions de tournage se raréfient mais elle rend son personnage plus vrai que nature..
Côté images : ce film est parfait : pour ceux qui l'ignoreraient, Wim Wenders a été photographe passionné avant de passer à la caméra et nous partageons la même préférence pour les objectifs Leica dont la perfection optique est indéniable... Seulement voilà, son Leica 24 x 36 lui ayant été volé, il achète un en remplacement un appareil photo Plaubel avec objectif de 90 mm (1) avec lequel il passera plusieurs mois à arpenter de long en large l'ouest américain pour repérer les sites de ce film, mais aussi pour se familiariser avec ses lumières, son ambiance à nulle autre pareille...
Hélas, la musique de Ry Cooder n'est pas à la hauteur de la vision : si parfois elle est agréable à l'oreille, certains passages en « slide guitar » trop serinés finissent par se transformer en scie musicale... Les prises de son, notamment au peep-show, ne sont pas un modèle du genre, no même certains bruits de fond de l'enregistrement... Elles mériteraient une réadaptation pour ne pas dire remastérisation.
Le film est dédié à Lotte H. Eisner, historienne du cinéma pour ceux qui l'ignoreraient...
Quant à sa fin : bonne ou mauvaise ? C'est selon votre interprétation du verre à moitié vide ou du verre à moitié plein...
(1) pour les amateurs passionnés : selon Wenders, l'objectif de 90 mm (correspondant à un objectif de 45 mm en petit format est voisin de celui qu'il utilise dans ses films et que c'est l'objectif le plus proche de l'œil humain, qui ne déforme pas la vision.
Pour ma part, je m'étais reconverti du 24 x 36 en 6 x 6 réflex sans avoir les moyens d'acquérir un Mamya, référence du genre à l'époque...
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France 4 le 07.10.2023-Arte le 18 et 21.08.2025-
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Créée
le 27 oct. 2023
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Paris Texas, c’est l’existence d’un terrain vague au milieu de nulle part, une contrée vide de vie qui ne demande qu’à reconstruire les péripéties d’un passé lointain et oublié. Derrière un accord...
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