Je croise le texte de Plume231 de SC et son "... et François Rollin, toujours au top de sa forme dans le sarcasme" me rappelle ma scène préférée:
François Rollin joue un gérant cuisinier d'un Relais Routier où sa fille a appris son métier et l'amour de la cuisine...puis après avoir répété les même recettes pendant au moins 10 ans, elle a évolué et expérimenté comme le font parfois des peintres après une école hyper académique où ils ont appris à dessiner des faons dans les moindres détails, ils tentent après des expériences comme par exemple manger des lapis-lazuli et tenter de péter bleu sur des toiles blanches...
Hélas parfois, certains peintres comme certains chefs passent directement à la dernière étape d' expérimentation et exploration sans avoir acquis des bases...et c'est pourquoi je ne vais plus aux Biennales d'Art contemporain de Lyon...où je tombais sur trop d'urines et d'étrons, littéralement.
Gary Rhodes, un des chef de télévisions des moins célèbres, était un de mes favoris: hyper propre, poli et pédagogique mais il est oublié et méconnu car il ne criait pas et ne jurait pas sur les gens...dans son autobiographie, il expliquait que tous les grands chefs devaient passer/étaient passés par des années de répétition des même recettes pour apprendre la docilité et surtout la "consistency" (des gens qui ont bien mangé un plat et recette doivent pouvoir revenir et remanger exactement les même...); bref, il faut apprendre la docilité, l'uniformité et la cohérence avant d'asperger de balsamic des assiettes pour y dessiner des bites.
Bref, François m'a fait éclater de rire car on découvre qu'il a un tout petit carnet dans sa poche. Il a noté tout ce que sa propre fille disait et avec quoi il n'était pas d'accord. Il le sort comme des cartons rouges, pour lire ses citations où elle dénigrait son passé, elles sont très drôles surtout par la façon dont François Rollin les dit.
Le seul but de mon long texte ennuyeux est de dire que François Rollin et son carnet m'ont alors rappelé un autre de mes acteurs anglais favoris, un Ricky Tommlinson (1 seul like sur SC :( ) , une sorte de Michel Galabru,
car son personnage a aussi un petit carnet dans sa poche de chemisette dans Once upon a time in the midlands de Shane Meadows...il y note toutes ses vannes, idées et remarques et surtout citations et mésaventures de ses contemporains.
Le petit ami de sa fille vient de lui demander sa main et elle a alors demandé à lui "d'en parler plus tard": il l'a fait en public, en direct lors d'un jeu télé...le retour en voiture est d'un silence mortel...Ricky Tommlinson (1 seul like sur SC :( ) est hilarant car il ne cesse de consulter son petit carnet dont il sort et déclame finalement un petit poème et chansonnette résumant l'humiliation publique le jeune homme a subi.
Voilà, François Rollin et Ricky Tommlinson, avec p'tit carnet, frères de cinéma dans ma tête de tordu...