Sorti au début des années 90, Passager 57 n’est pas seulement un honnête film d’action ; c’est surtout le film qui a propulsé Wesley Snipes au rang de star. Dans le rôle d’un agent de sécurité aérienne hanté par son passé, il impose dès les premières scènes un mélange de charisme, de maîtrise physique et de sang-froid qui marquera durablement le genre.
On ne va pas se mentir : Passager 57 doit beaucoup à Die Hard, dont il reprend les codes – un héros isolé, un lieu clos, des terroristes bien coiffés – mais avec moins de moyens. La mise en scène est plus simple, les dialogues parfois mécaniques, et l’intrigue n’a pas la complexité de ses modèles. Pourtant, ça fonctionne. Grâce à son rythme efficace, son action resserrée et la performance solide de Snipes, le film réussit à tenir son cap sans jamais vraiment décrocher.
Trente ans plus tard, Passager 57 se regarde toujours avec un certain plaisir. Il a ce charme propre aux productions d’action de l’époque : une honnêteté brute, une efficacité directe, sans second degré ni effets numériques envahissants. Et puis, il faut l’admettre, entendre Wesley Snipes lâcher son mythique "Always bet on black" reste un petit moment de bonheur.
Un film modeste mais fondateur, à (re)découvrir pour ce qu’il est : le tremplin d’une icône, et une série B carrée, tendue, et sans temps mort.