À la dérive dans le vide : un naufrage spatial signé Roger Christian

Il arrive parfois qu’un film rate son atterrissage ; Passager clandestin (2013), lui, ne parvient même pas à décoller. Réalisé par Roger Christian – un nom pourtant associé à certains grands classiques de la science-fiction – ce long-métrage laisse un goût amer de désillusion. Loin de remplir les promesses d’un huis clos spatial oppressant, il s’effondre sous le poids de ses maladresses narratives et techniques. En tant que spectateur curieux, je m’attendais à une tension lente, une montée psychologique, un conflit moral intense. Au lieu de cela, j’ai été confronté à une œuvre atone, dénuée d’émotion et d’originalité. Si ma note de 1,5/10 peut sembler tranchée, elle reflète une déception profonde face à un film qui échoue là où il aurait pu, avec plus de rigueur et d’inspiration, surprendre.


Dans un huis clos spatial, la musique devrait jouer un rôle central : soutenir la tension, accentuer l’isolement, donner une résonance émotionnelle aux silences infinis de l’espace. Or, dans Passager clandestin, la bande-son passe complètement à côté de cette opportunité. Elle est présente, certes, mais presque invisible à l’oreille. Composée sans audace, elle se contente d’accompagner mécaniquement les scènes, sans jamais s’imposer comme un acteur dramatique à part entière.


Les nappes sonores génériques, souvent interchangeables avec celles d’un téléfilm de seconde zone, manquent de texture et de personnalité. Aucun thème musical marquant ne vient soutenir les moments-clés, aucun motif ne se développe pour créer une signature sonore propre à l’univers du film. Là où un compositeur inspiré aurait pu compenser certaines faiblesses visuelles par une ambiance sonore immersive, Passager clandestin semble presque avoir oublié que le son est aussi un langage cinématographique.


Pire encore : dans les rares scènes où la tension devrait être palpable, la musique reste en retrait, voire absente, comme si le film refusait de s’engager émotionnellement. Ce manque d’implication sonore renforce la sensation de vide, non pas cosmique, mais artistique. C’est une bande-son en apesanteur… qui ne touche jamais terre.

CriticMaster
1
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les pires films de 2013

Créée

le 2 juin 2025

Critique lue 55 fois

CriticMaster

Écrit par

Critique lue 55 fois

D'autres avis sur Passager clandestin

Passager clandestin

Passager clandestin

4

Vash

2592 critiques

Du Alien... en moins bien...

Stranded emprunte à peu de choses près la trame du premier Alien, et force est de constater que le film démarre assez bien, en étant parfois presque oppressant. Mais au bout d'une demi-heure le tout...

le 19 févr. 2015

Passager clandestin

Passager clandestin

3

FloBerne

1316 critiques

Slaaaateeeer !!!

Dans le rayon des mockbusters, il y a des choix de marques, comme "Vikingdom : l'éclipse de sang" ou encore "The Terminators", tous deux d'odieux nanars beaucoup plus comiques que bouleversants,...

le 22 juin 2015

Passager clandestin

Passager clandestin

1

MamSucre

284 critiques

Slater dans le néant...

Pauvre Christian ! Une fois encore le voilà dans un film qui n'en valait vraiment pas la peine. Je ne vais pas m'étaler sur le sujet mais celui-ci a déjà été traité des tas de fois, avec plus ou...

le 29 déc. 2013

Du même critique

Après mai

Après mai

8

CriticMaster

2300 critiques

Les braises d’un idéal : la jeunesse en quête de sens dans Après mai

Dans son film Après mai (2012), Olivier Assayas dresse un portrait sensible et nuancé de la jeunesse française du début des années 1970, marquée par l'héritage de Mai 68. À travers le regard de...

le 30 avr. 2025

Battlestar Galactica

Battlestar Galactica

9

CriticMaster

2300 critiques

Le pouvoir sous pression : politique en apesanteur

Battlestar Galactica (2004) n’est pas seulement une série de science-fiction, c’est un laboratoire politique sous haute tension. Si je lui ai mis 9/10, c’est parce qu’elle réussit à conjuguer tension...

le 3 juin 2025

Only God Forgives

Only God Forgives

4

CriticMaster

2300 critiques

Esthétique envoûtante, émotion absente

Difficile de rester indifférent face à un film comme Only God Forgives. Avec son esthétique glacée, sa mise en scène millimétrée et ses silences lourds de sens, Nicolas Winding Refn signe une œuvre...

le 28 mai 2025