Passé virtuel (The Thirteenth Floor) est un film que j'avais découvert à sa sortie et qui m'a durablement marqué. J'en garde le souvenir d'un thriller remarquablement intelligent et angoissant, malheureusement éclipsé par la déferlante Matrix, sorti la même année. Ce qui le rend fascinant, c'est son atmosphère unique. Moins centré sur l'action que son concurrent, il privilégie une intrigue noir et philosophique aux rebondissements brillants, où la frontière entre simulation et réalité s'efface à travers les niveaux de conscience. L'idée d'une simulation du Los Angeles de 1937 est un coup de génie esthétique. Ce film s'inscrit dans une période charnière : celle des trois années précédant l'an 2000, où le cinéma (de Nirvana à Dark City en passant par eXistenZ) s'est collectivement interrogé sur la nature de la réalité. Passé virtuel en est l'une des pépites les plus sous-estimées et un modèle du genre par son scénario bien ficelé. À revoir ou à découvrir absolument.