3
1254 critiques
Like a Hobo
Finie la vie de sédentaires à New York, Maddie et Tyler décident d'opter pour une existence nomade à travers les États-Unis dans leur petit van aménagé flambant neuf ! Mais, après six semaines de...
le 23 mai 2026
Quel étrange moment de cinéma. C'était il y a quatre jours, en pleine nuit, alors que je luttais contre une de ces insomnies tenaces dont on ne sait plus si elles sont causées par les relents de la chaleur étouffante de la Gironde ou par le désespoir face au catalogue des nouveautés. Bref, les yeux grands ouverts dans le noir, je me suis dit qu'un petit thriller horrifique sur l'asphalte américain serait le parfait compagnon d'infortune. Je pensais retrouver l'efficacité brute d’André Øvredal (The Jane Doe Identity). À l'arrivée, l'insomnie a tenu bon, mais le film, lui, s'est effondré, me laissant l'impression de regarder un long trajet monotone à travers la banalité industrielle d'un Hollywood en panne d'inspiration.
La sociologie du vide : La "Van Life" pour bobos en combi
Le projet souffre d'un mal profondément contemporain : c'est un film à concept conçu comme un "pitch de start-up" pour algorithme de plateforme, qui confond allégorie politique et sociologie de comptoir. On nous installe aux côtés d'un jeune couple moderne qui plaque son appartement absurdement gigantesque pour vivre l'aventure en van high-tech. C'est le fantasme ultime de la petite bourgeoisie gentrifiée qui s'achète une liberté en plastique sur Instagram avec un véhicule à 80 000 euros.
Mais le film est tellement vide qu'il transforme ce grand voyage américain en une pure purge sociologique : nos deux influenceurs en herbe passent leur temps à s'emmerder sur des parkings de motels grises et des zones industrielles. Le néant de leur mode de vie individualiste contamine la pellicule. Et pour ne rien arranger, l'alchimie entre Lou Llobell et Jason Scipio est totalement absente. On a deux acteurs qui semblent réciter leurs lignes chacun de leur côté, séparés par le levier de vitesse. On ne tremble jamais pour eux ; on attend juste qu'ils passent au stand.
Le Boogeyman de la bureaucratie
Et que dire de la menace ? Le "Passenger" est un spectre auto-stoppeur qui possède une charte administrative digne d'un guichet de sous-préfecture. Si tu as le malheur de faire preuve de civisme et de solidarité en t'arrêtant pour aider des gens lors d'un accident, ce monstre tatillon te harcèle, ne frappe que la nuit, et te colle des symboles sur la carrosserie comme un super-vilain de bande dessinée du dimanche matin. C'est quoi le message politique sous-jacent ? L'individualisme forcené comme stratégie de survie ? Ne faites jamais preuve d'empathie sur la route sous peine de malédiction ? On est face à un monstre qui a le charisme d'un contrôleur fiscal et des règles d'engagement totalement arbitraires.
Øvredal, qui sait pourtant tenir une caméra, essaie bien de sauver les meubles par de purs fétichismes de mise en scène — comme cette séquence visuellement jolie où le couple projette le film Vacances Romaines sur les arbres de la forêt pour traquer le fantôme à travers les visages d'Audrey Hepburn et Gregory Peck. C'est la marque des réalisateurs qui n'ont plus rien à raconter : convoquer les spectres du grand cinéma classique pour essayer de donner de l'âme à une carcasse de tôle numérique qui roule sagement à 80 km/h en respectant le code de la route.
Le dérapage incontrôlé
Le film s'achève d'ailleurs dans un grand n'importe quoi scénaristique, le script s'égarant dans des explications mythologiques boursouflées et des révélations grotesques qui achèvent de briser la suspension consentie de l'incrédulité. On troque la tension minimale du début contre un grand guignol fantastique ridicule, le tout couronné par le caméo jetable d'une Melissa Leo sortie du chapeau des actrices respectables qui passaient par là.
Passenger est le symptôme de cette horreur tiède, lâche sur le fond et paresseuse sur la forme, qui se croit maligne mais n'est qu'un produit de consommation courante. Ça n'aura même pas réussi à m'endormir, mais une chose est sûre : une fois le générique terminé, le film s'est évaporé de mon esprit encore plus vite que la fraîcheur nocturne. Circulez, il n'y a rien à voir.
Créée
le 10 juil. 2026
Critique lue 11 fois
3
1254 critiques
Finie la vie de sédentaires à New York, Maddie et Tyler décident d'opter pour une existence nomade à travers les États-Unis dans leur petit van aménagé flambant neuf ! Mais, après six semaines de...
le 23 mai 2026
6
1495 critiques
D'un côté, il y a The Jane Doe Identity, sommet de sa filmographie, et Scary Stories, qui démontrent que André Øvredal sait y faire en matière d'épouvante / horreur.Mais d'un autre, il y a aussi...
le 23 mai 2026
5
162 critiques
Etant las de la vie sédentaire et citadine, Tyler (Jacob Scipio) part vivre sur les routes en compagnie de sa fiancée Maddie (Lou Llobel). Celle-ci le suit par amour, mais l'idée de passer sa vie...
le 24 mai 2026
5
174 critiques
J'avoue, je ne me suis pas foulé sur le titre! Tout d'abord, le film de Jonze arrive sur nos écrans armé de deux gros arguments : - Une solide réputation bâtie sur l’originalité de son pitch : Un...
le 21 mars 2014
4
174 critiques
Déception! C'est le premier mot qui me vienne à l'esprit juste après le visionnage de Prometheus de Ridley Scott ( Ride Biscotte dans ce cas là ! ) . Comme tant d'autres, l'attente du retour du...
le 19 sept. 2012
6
174 critiques
Que le temps passe vite! J'écris cette critique pendant que ma femme écoute un livre spirite sur youtube vous vous en foutez? D'accord! (Je vais être vulgaire) Après le viol brutal (et déchirant!!!)...
le 7 nov. 2015
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème