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le 23 mai 2026
Passenger, c’est typiquement le genre de film d’horreur qui avait presque tout ce qu’il fallait pour me plaire au départ.
Dès les premières minutes, il essaie de nous surprendre avec une petite introduction assez brutale, portée par deux personnages qui sont clairement là pour servir de chair à canon.
Personnellement, il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour rentrer dans l’ambiance. J’aime bien ce genre d’introductions dans les films d’horreur, celles qui te plongent directement dans ce qui t’attend sans forcément prendre le temps de tout t’expliquer.
On découvre ensuite Maddie et Tyler, un jeune couple qui a décidé de tout plaquer pour partir vivre sur les routes dans un van. Et là, le film commence à aborder quelque chose que je trouvais finalement assez intéressant. On comprend rapidement qu’ils ne vivent pas du tout cette aventure de la même manière. Tyler semble avoir réellement rêvé de cette liberté, de cette vie un peu hors du système où l’on abandonne tout pour voir ce qu’il y a derrière la prochaine route, alors que Maddie donne davantage l’impression d’avoir suivi par amour, sans forcément avoir mesuré tout ce qu’elle allait laisser derrière elle.
Mine de rien, il y avait vraiment quelque chose à faire avec ça.
Les problèmes de couple sont presque devenus une petite tradition dans le cinéma d’horreur moderne, mais ici le contexte de la vanlife apportait quand même quelque chose de différent. Parce que cette vie qui représente normalement la liberté absolue devient progressivement tout l’inverse. Quand quelque chose commence à les suivre, le van n’est plus vraiment cette petite maison qui peut aller partout. Il devient justement un endroit où il est presque impossible de se sentir en sécurité. Ils peuvent continuer à avancer, changer de route, changer d’endroit… mais s’ils transportent le problème avec eux, à quoi bon ?
C’est probablement l’une des idées que je préfère dans Passenger.
Malheureusement, j’ai aussi l’impression que le film effleure beaucoup de choses intéressantes sans jamais vraiment aller au bout.
C’est notamment le cas de ces fameux signes laissés sur les routes, une sorte de langage permettant aux voyageurs de se transmettre des informations ou des avertissements. J’ai trouvé l’idée vraiment cool parce qu’elle donne immédiatement au film une petite mythologie particulière, presque comme si cette menace existait depuis suffisamment longtemps pour que d’autres personnes aient essayé de prévenir ceux qui passeraient après eux.
Et justement, j’aurais aimé que le film creuse beaucoup plus tout ça.
Parce qu’assez rapidement, Passenger va surtout se transformer en succession de phénomènes inquiétants pour nous faire comprendre qu’une présence semble désormais suivre le couple. Et normalement, je n’ai aucun problème avec le fait qu’un film d’horreur refuse de tout expliquer. Je n’ai pas besoin qu’un personnage sorte un vieux bouquin poussiéreux pour me raconter pendant vingt minutes la date de naissance du démon, le nom de sa mère et pourquoi il faut brûler exactement trois cierges pour le faire disparaître.
Au contraire, garder une part de mystère peut rendre une menace beaucoup plus inquiétante.
Mais j’ai quand même besoin de comprendre un minimum les règles du jeu.
Est-ce qu’on parle d’un monstre ? D’une malédiction ? D’une entité ? Qu’est-ce qu’elle peut faire ? Qu’est-ce qu’elle ne peut pas faire ? Pourquoi certaines choses arrivent et pas d’autres ?
Même si je n’ai jamais toutes les réponses, j’aime sentir qu’il existe derrière ce que je regarde une logique que le film connaît, même s’il refuse de me la donner entièrement.
C’est justement là que Passenger a commencé à me perdre.
Plus le film avance, plus j’ai eu l’impression que son horreur devenait complètement aléatoire. Dès que la nuit tombe, Maddie semble soudainement devenir une sorte d’aimant à emmerdes. Les phénomènes s’enchaînent autour d’elle au point que certaines situations ont fini par devenir presque ridicules à mes yeux.
Il y a notamment ce passage où elle se retrouve sur un parking pratiquement vide. Elle a littéralement tout l’espace nécessaire autour d’elle et, malgré ça, il faut évidemment qu’un chauffard passe juste devant elle pour l’agresser avec un truc du genre "tu peux pas regarder où tu vas ?!" À ce moment-là, je ne me demande même plus ce qui est en train de lui arriver. Je me demande simplement pourquoi absolument tout doit lui tomber dessus.
Et plus ce genre de situations se répète, plus le film me perd.
Le paradoxe, c’est qu’il finit pourtant par nous donner des explications. Il développe sa mythologie, introduit différents éléments autour de cette présence et essaie progressivement de nous faire comprendre ce qui se passe. Mais j’ai presque envie de dire qu’il explique beaucoup de choses sans forcément expliquer celles dont j’avais réellement besoin.
Ce n’était pas tellement l’origine exacte de cette horreur que je voulais connaître. C’était surtout son fonctionnement.
Et à mesure que l’histoire avance, certaines règles deviennent tellement floues que j’ai fini par ne plus vraiment savoir ce qui était possible ou non. Dès lors que j’ai la sensation qu’un phénomène peut surgir n’importe quand simplement parce que le scénario a besoin d’un nouveau moment horrifique, une bonne partie de la tension disparaît chez moi.
Pourtant, visuellement, je trouve le film loin d’être mauvais.
Il y a même plusieurs très bonnes idées dans sa manière d’utiliser la route et surtout la nuit. Les phares, les feux arrière, les warnings, les ombres dans l’habitacle… Passenger sait parfois profiter de tout ce qu’offre naturellement une voiture plongée dans le noir. Et ça fonctionne d’autant mieux que le van est un espace assez particulier pour un film d’horreur. On peut voir dehors presque partout, mais justement, la nuit, toutes ces vitres deviennent autant d’endroits où quelque chose pourrait apparaître.
Certaines apparitions et certains jumpscares fonctionnent d’ailleurs plutôt bien.
C’est aussi ce qui rend le résultat encore plus frustrant. Parce que je ne trouve pas Passenger particulièrement mauvais dans sa réalisation. Il y a une vraie volonté de créer une ambiance, quelques plans que j’ai trouvés efficaces et une utilisation assez réussie de cette route désertique où l’on ne sait jamais vraiment ce qui peut se trouver quelques mètres plus loin.
Même le duo principal fonctionne plutôt correctement. Maddie et Tyler sont suffisamment crédibles ensemble pour que leur situation de couple m’intéresse au départ, et c’est probablement pour cette raison que je regrette encore davantage que cette partie ne soit pas beaucoup plus développée. J’aurais aimé que l’horreur vienne réellement mettre à l’épreuve leur choix de vie et leur relation, plutôt que cette idée finisse progressivement par passer au second plan.
Et malheureusement, le dernier acte n’a pas vraiment arrangé les choses pour moi.
Au contraire, plus Passenger se rapproche de ses réponses et de sa confrontation finale, plus j’ai eu la sensation qu’il abandonnait ce qui faisait justement son originalité au début. Cette vanlife, ces signes mystérieux sur la route, cette impression qu’il existe tout un folklore autour de ce qui les poursuit… tout ça me semblait beaucoup plus intéressant que la direction finalement prise par le film.
C’est vraiment ça qui résume mon problème avec Passenger.
Ce n’est pas tellement un film d’horreur sans idées.
C’est presque l’inverse.
Il a plein de petites idées qui auraient pu donner quelque chose de vraiment particulier, mais j’ai constamment eu l’impression qu’il les abandonnait avant d’avoir trouvé quoi en faire.
La route comme espace de liberté qui devient une prison, un couple qui réalise peut-être qu’il n’a jamais partagé exactement le même rêve, des signes laissés par d’anciens voyageurs pour avertir ceux qui arriveront après eux, une présence qui semble pouvoir vous suivre où que vous alliez… Pris séparément, j’aime beaucoup tout ça.
Mais là où le début du film avait vraiment réussi à piquer ma curiosité, la manière dont il développe ensuite son horreur m’a progressivement fait décrocher.
Et c’est terriblement dommage, parce qu’au fond, Passenger ne m’a pas donné l’impression d’être un film raté par manque d’idées. Il m’a surtout donné l’impression d’être passé à côté de ses meilleures.
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il y a 4 jours
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