Un film pseudo-historique tourné avec des images dégueulasses à la manière d'un slasher movie.
"Pathfinder" est un film pseudo-historique tourné à la manière d'un slasher movie par un Marcus Nispel qui confond les vikings avec le Leatherface de son remake de "Massacre à la Tronçonneuse". Des images dégueulasses, une bonne thématique non exploitée et des jeux d'acteurs affreux. Quand "Pocahontas" rencontre "Apocalypto"...
"Pathfinder" est le remake d'un film norvégien du même nom, réalisé et écrit par Nils Gaup en 1987. Le récit se déroule près de 1000 ans après Jésus Christ, à une époque où les vikings colonisèrent une partie des Amériques en massacrant les tribus indiennes présentes sur le territoire. L'histoire est celle de Ghost (Karl Urban, passable), un enfant viking recueilli par des indiens et qui, une fois grand, se retrouvera confronté face à une nouvelle arrivée de vikings aux intentions barbares.
Si l'histoire d'origine présente une dimension intéressante, avec ce personnage perdu entre deux peuples, la version de Marcus Nispel, réalisateur du remake de "Massacre à la Tronçonneuse", s'avère bien fade sur son contenu. Nispel oublie carrément la dimension humaine et psychologique du personnage et en fait un héros qui ne semble avoir aucun mal à massacrer sans pitié la tribu viking dont il est originaire, aussi barbare soit-elle.
Nispel filme les vikings comme si c'étaient les Leatherface et les Jason Voorhees d'autrefois, soit à la façon d'un slasher movie où les grands méchants n'ont rien d'humain dans leurs démarches. Ainsi donc, ces vikings nous apparaissent comme des monstres terrifiants et très stéréotypés, d'autant plus que, historiquement parlant, un viking ne porte pas de cornes sur son casque. Mais pour Nispel, tous les moyens sont bons pour offrir un spectacle de divertissement aux spectateurs. Quite à abuser de clichés propres au genre du cinéma d'horreur, "Pathfinder" nous dresse un portrait vraisemblablement bien lointain de la réalité.
Mais les défauts de "Pathfinder" ne s'arrêtent pas là. Dès le début du film, Nispel nous balance des images auxquelles ont met déjà du temps avant de s'accrocher. Ce montage haché et cette photographie laide aux couleurs trop désaturées, tentant de prendre le dessus sur le mauvais scénario, sont de très bas niveaux. Pourtant, le chef opérateur n'est autre que le directeur de la photographie du premier "Massacre à la Tronçonneuse" de 1974 et de son remake, à savoir un homme d'expérience en la matière.
Le travail technique n'aide pas la compréhension du scénario et de la disposition des lieux dans le film. Les décors sont en effet très mal exploités, à tel point qu'on ne sait jamais où l'on est. Tantôt il y a de la neige, tantôt il n'y en a pas. Tantôt on est dans un couloir d'une caverne, tantôt on est dans un autre couloir de cette même caverne, mais on n'arrive pas à se faire la moindre idée de la structure de ladite caverne, à tel point que tout le suspense de cette séquence de la caverne labyrinthique est noyé dans la recherche de compréhension de ce qu'il se passe. Et quand on est dehors, Nispel plonge les décors dans une brume opaque et épaisse qui rend chaque décors méconnaissable.
Au final, "Pathfinder" est un film d'action avec des scènes de combats sanglants tournées à la manière d'un slasher movie de bas-niveau et délaissant toute la saveur de ce type de scénario. "Pathfinder", c'est "Pocahontas" filmé par Mel Gibson façon "Apocalypto", ou encore par Zack Snyder façon "300". D'ailleurs, le grand chef indien est incarné par le même acteur qui a donné sa voix à Powhatan dans "Pocahontas". Les gros sabots de Nispel se font bien ressentir dans ce film insipide où seule la brutalité et la monstruosité des méchants se dépeignent. Le reste n'est qu'un giganteste clip de heavy metal d'une heure 39 auquel on aurait remplacé les musiques de metal par des musiques de film convenables.