Bien plus abouti que le premier volet tant sur le plan visuel qu'au niveau d'un scénario aux vertigineuses implications géopolitiques, "Patlabor 2" est le premier sommet d'Oshii et pose les bases de son futur "Ghost in the Shell" (le background de jeux de pouvoir, de coup d'état et de peur d'une occupation armée qui fait écho aux années d'après-guerre au Japon), voire de sa suite le chef-d'oeuvre "Innocence" via ce personnage de terroriste ambigu, Yukihito Tsuge, qu'évoquera de loin celui du hacker de poupées dans ce dernier. Dépassant amplement les codes de la SF mécha chère au public nippon de l'époque et importée chez nous via diverses séries animées depuis les années 80 (ici, on voit finalement très peu les robots), le film brille avant tout par sa complexité et le réalisme de ses personnages, encore rares pour le genre alors qu'"Evangelion" n'était encore qu'en gestation, et esquisse déjà la mystique post-moderne du cinéaste et sa vision du rapport au réel dans nos sociétés déshumanisées, en perte de contact avec une réalité devenue relative.