L'affairiste international Halloway (Sessue Hayakawa) tient sous sa coupe un trio de comparses à qui il ordonne le vol des plans d'un barrage dans les Alpes et sa destruction.
Le scénario du film est aussi médiocre que puéril mais il est tellement symptomatique du cinéma de Pétain qu'il en devient plaisant. Le malfaisant et cruel asiatique que joue Hayakawa -qualifié de "jaune" par un de ses hommes dans un accès de mauvaise humeur- incarne l'anti-France. C'est un fourbe qui tire les ficelles. On jurerait que les auteurs n'ont pas osé en faire un juif mais probablement qu'il faut le voir comme tel. En face du métèque honni, il y a le génie français et son barrage ultra-moderne, qu'il ne faudrait pas détruire parce que cela coûterait la vie à des milliers de femmes et enfants innocents dans la vallée. C'est son concepteur qui le dit mais, aussi brillant soit-il, celui-ci ne voit pas venir avec ses gros sabots une espionne séductrice.
Il y a aussi une fierté nationale, la patrouille blanche, de courageux sauveteurs de haute montagne qui passent beaucoup de temps à chanter en chœur dans un hôtel en attendant une mission. Ils sont reconnaissables ...à une étoile cousue sur la poitrine. Plus incongru que ça, c'est quand même difficile en cette période.
On verra le pauvre Gaston Modot en homme de main chinois et muet ; on verra aussi que les sbires d'Halloway, Junie Astor et Paul Azaïs, ne sont pas d'aussi mauvais français que ça mais qu'ils agissent sous le chantage. Il y a enfin Robert le Vigan qui, après quelques incidents déjà bien balourds, finit par décrocher le pompon du rôle le plus abracadabrant. La mise en scène est à l'avenant, très rudimentaire.