Le numéro d'actrice est largement bluffant. Natasha Richardson réussit à parfaitement rendre l'état de confusion mentale dans lequel est plongé son personnage. Le fait divers est largement connu, à savoir que Patty Hearst aura fini par adhérer à l'idéologie du groupuscule qui l'aura kidnappée, jusqu'à prendre les armes pour adhérer à sa cause. L'idée ici, c'est de comprendre comment un truc pareil a pu être possible, et ce qui a bien pu se passer dans la tête de la captive pour qu'elle agisse ainsi. En essayant d'aller au-delà des seuls faits. L'idée est donc largement intéressante.
Malheureusement, Patty Hearst n'est pas le plus abouti des films de Paul Schrader. Passé un générique très nerveux, on est surpris de l'épure sur sa première partie. Quasi pas de décor, des acteurs qui s'adressent face caméra, et des plans grand angle déformés à tire-larigot. On comprend bien qu'il faut rendre compte du choc subi par le personnage. Mais le procédé est assez pesant pour le spectateur durant un long moment.
La suite est plus conventionnelle. Où l'on découvre de prétendus révolutionnaires, davantage proches du délinquant de bas étage ou de l'illuminé se rêvant plus important qu'il n'est. Paul Schrader, coutumier du chaos et des cauchemars urbains, s'en donne à cœur joie pour dresser un portrait pathétique de ce petit monde. Cependant, la mayonnaise prend difficilement et, en dépit de l'idée et de l'absence de compromis du film, le rendu n'est pas à la hauteur des ambitions.
L'intention est là, le numéro d'actrice vaut le détour et le film finit par convaincre sur son propos. Mais à l'arrivée, Patty Hearst est malheureusement à moitié satisfaisant.