Je ne sais toujours pas quoi penser de Yórgos Lánthimos. L'homme a du talent, indéniablement. Il sait créer un univers, un atmosphère, une étrangeté, un malaise, que nous ressentons très bien ici. Reste que je n'ai pris quasiment aucun plaisir durant 140 minutes. À vrai dire, je ne sais même pas pourquoi je mets 6. Sans doute parce qu'il m'a sorti de ma zone de confort, a su proposer une expérience que peu de cinéastes sont capables d'offrir aujourd'hui, à l'image d'un personnage singulier interprété par une Emma Stone étonnante et audacieuse dans ses choix, sans oublier plusieurs seconds rôles sortant également des sentiers battus.
Reste que j'ai été peu sensible à ce récit parfois presque malsain, se rêvant digne d'un « Frankenstein » alors qu'il en est très loin, d'autant que j'avoue avoir été peu réceptif aux décors et effets visuels imaginés pour l'occasion. Pourtant, cela commençait plutôt bien, mais j'ai fini par me perdre dans ce récit manquant singulièrement de densité, au point que j'avais parfois sérieusement tendance à décrocher. Frôlant la prétention, boursouflé, « Pauvres Créatures » a beau ne pas laisser indifférent, j'avoue trouver l'enthousiasme général assez démesuré, sentiment perdurant maintenant de nombreux mois après son visionnage, sans avoir vraiment envie de retenter ma chance. Un jour, peut-être...