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"Chapeau bas''
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le 21 mars 2026
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By Order of the Fu….ing Peaky Blinders !
Dans le monde de la série télé, certaines œuvres deviennent plus que de simples feuilletons, de véritables phénomènes, cultissimes, profondément marquants.
Peaky Blinders fait partie de ces œuvres télévisées qui ont su transcender le média télévisuel par son ambiance aussi classe que punk, aussi rock que sa bande originale et surtout aussi incarnée par des acteurs absolument formidables. Ayant donné l’ascension à un certain Cillian Murphy, la définition même de la gueule inoubliable d’un acteur de renom,
La série s’est éteinte, conclue par une saison 6 qui n’avait pas contenté tout le monde (pourtant elle était loin d’être mauvaise pour votre serviteur). Ainsi voilà la promesse de terminer une série profondément cinématographique par la grande porte : le cinéma… enfin pas totalement.
Car l’ultime conclusion sera dorénavant visionnable chez nos amis Netflix, la série s’étant fait acheter les droits internationaux par Netflix en 2014, pourtant avant tenus par la BBC, créatrice de la série.
Ainsi, ce dernier tour de piste pour notre cher Thomas Shelby, accompagné d’un casting XXL (Tim Roth, Barry Keoghan, Rebecca Ferguson…), est-il une ultime rédemption convaincante pour la famille la plus stylée d’Angleterre (devant la famille royale) ou bien un énorme épisode blockbuster d’1h50 décevant ?
Quel plaisir de retrouver cette ambiance aussi glaciale que stylisée et authentique, cette manière de conceptualiser la série entre le moderne classe et l’authentique retour du XXᵉ siècle. Pourtant, malgré cette identité toujours aussi forte, le film se révèle finalement pas très explosif, préférant une approche différente de ce que l’on pouvait attendre.
Le scénario apparaît plus artificiel par certains moments, mais dans un certain sens plus tourné vers l’ intime, plus familial. Une orientation qui n’apporte pas grand-chose au lore,
À cela s’ajoute le manque de comédiens connus de la série, une absence qui se ressent fortement. « Peaky Blinders : The Immortal Man » devient alors plus un film tourné sur Thomas Shelby que sur la famille Shelby, un film porté par un personnage à la fois marquant et iconique, tout autant que le comédien qui l’interprète : Cillian Fucking Murphy, déployant un dernier baroud d’honneur extraordinaire pour un personnage inoubliable.
Le film souffre justement de ce manque des comédiens que nous avons connus dans la série, ce qui fait que l’essence même de Peaky Blinders n’est pas totalement mise en lumière malheureusement. Les décors restent soignés et l’ambiance excellente, tout autant que la bande originale toujours aussi marquante par le talent du groupe, Fontaines D.C et Massive Attack perpétuant cette identité rock et élégante propre à l’univers.
Mais le film semble aussi lié à un certain syndrome Netflix : il se veut davantage comme un long épisode d’1h50 avec du budget plutôt qu’une véritable œuvre cinématographique.
La faute peut-être au réalisateur Tom Harper, s’étant surtout fait connaître pour avoir réalisé des épisodes clés de la série. L’idée de prendre un réalisateur d’épisodes n’était peut-être pas la plus pertinente pour proposer une œuvre véritablement marquante.
Reste néanmoins le scénario écrit par Steven Knight, déjà showrunner de la série, tentant de donner un dernier enjeu à la famille Shelby d’une manière parfois un peu artificielle et sans réel point de vue affirmé.
Autre souci majeur : le film ne parvient pas à donner réponse à une zone d’ombre laissée par la fin de la série. Que devient Oswald Mosley, restant libre et en plein essor du fascisme, ayant réussi à surpasser Thomas Shelby ? Une question qui restera sans réponse, et qui s’avère bien dommageable tant Mosley était devenu un ennemi particulièrement intéressant durant les deux dernières saisons.
De la même manière, l’idée de contextualiser l’histoire en plein début des années 1940, au commencement de la guerre en Angleterre, ne semble finalement pas si importante, si ce n’est pour établir un lien avec le personnage joué par Tim Roth.
On pourrait alors croire que cet ultime chapitre de l’ère Shelby devient décevant sur plusieurs points. Pourtant, tout n’est pas à rejeter : la volonté de faire un film centré sur Thomas Shelby et son fils Duke, interprété par un Barry Keoghan salutaire, apporte une certaine direction émotionnelle. Mais l’essence originelle n’est jamais totalement retrouvée, le long métrage donnant parfois l’impression d’un étirement inutile et artificiel de la série plus que d’une véritable conclusion — conclusion que la série avait pourtant déjà orchestrée avec un dernier épisode très émouvant.
Reste alors le plaisir de revoir cette ambiance unique, ses comédiens talentueux, son univers rock and roll, sa musique reconnaissable entre mille. Le film résonne finalement comme un dernier baroud d’honneur imparfait mais efficace.
À l’avenant d’un certain « El Camino » pour Breaking Bad, Peaky Blinders conclut son ultime tour de piste par la petite porte avec ce « The Immortal Man », inutilement et artificiellement sous-exploité, faisant office d’épisode étiré sur 1h50, maladroit dans ses enjeux et son scénario — le syndrome Netflix, malheureusement.
Mais le film garde une certaine fureur, celle d’une série inoubliable et iconique, faisant résonner dans son ultime chapitre une ambiance unique, une musique puissante et les soulèvements industriels de Birmingham, tout autant que son interprète principal, brillant une dernière fois à l’écran.
Ce n’est peut-être pas la fin parfaite pour cette série unique, mais elle reste aussi émouvante que paradoxalement intemporelle, à l’image de la famille Shelby.
Il n’y a pas de repos pour Thomas Shelby… mais il y en aura pour Peaky Blinders !
Peaky Blinders - L’immortel : 3 / 5
Créée
le 20 mars 2026
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