Il n'y aura finalement de Peaky Blinders que le nom dans ce final ô combien laborieux.

D'une part car le film n'est centré que sur le personnage de Tommy Shelby, cela a toujours été le cas vous me rétorquerez mais c'est tout de même ici un peu trop prononcé. Il faut dire que les autres personnages sont bien fades pour venir éclipser le protagoniste de la série.

D'autre part, car la famille Shelby n'est plus. Ada n'apparaitra à l'écran que le temps d'un instant, avant de périr, elle aussi, comme tous les êtres chers de notre pauvre et malheureux héros.

La vie de Tommy Shelby est donc un cimétière qui n'attend plus que lui. On ressent l'inévitable tout au long du film (et dieu sait que ce fut long...). L'entrée en matière se fait comme on le pressentait.

Nous retrouvâmes Tommy esseulé dans sa demeure sans vie, toujours rongé par les remords et continuellement tourmenté par la noirceur de son passé. Passé qui se refuse à le laisser en paix. Le fantôme de Ruby et des autres rôdent en permanence dans cette ambiance funeste.

Pendant ce temps, l'un de ses fils, Duke car Charles est enrôllé dans le conflit armée, a bien grandit et a repris les affaires familiales.

Malgré l'effort de se montrer en digne héritier, on ne peut que constater qu'il n'y a rien de Shelby chez celui-ci. L'écriture de son personnage ne l'aide pas davantage. Le fils frustré et délaissé par son paternel et alors animé d'un esprit revenchard est bien trop plat et surtout bien trop prévisible.

Quant à l'antagoniste principal, on ne comprend guère ses motivations ni même ce qu'il vient faire dans toute cette histoire, mise à part d'être un fanatique forcené du régime totalitaire qui envisage de jeter un voile sombre sur le monde.

La contribution de Rebecca Ferguson (Kaulo) demeure également un mystère dans l'intrigue, si ce n'est qu'elle est l'élément déclencheur du retour aux affaires de Tommy.

Mais l'essentiel n'est pas dans l'intrigue, ni même dans ses personnages secondaires.

Non, l'essentiel est toujours sur celui qui occupe éperdument l'attention.


Tommy, dont on apprend qu'il est l'auteur du fratricide d'Arthur, décide de revenir dans son fief, son quartier général : Le Garrison. La scène est plus symbolique que marquante. Tommy revient pour une mission, sauver son fils Duke de la malédiction qui frappe la famille Shelby.


La dernière mission, la dernière bataille s'engage alors, les fidèles Charlie Strong et Johnny Dogs sont bien évidemment toujours de la partie. Mais ce qui n'était qu'un film lent jusqu'a présent et sans intérêt vire au cauchemar scénaristique.


Tommy Shelby a survécu à la grande guerre, à la mort à de multiples reprises, à celle de ses proches, de sa fille Ruby, de son épouse Grace, de Polly, de John, d'Arthur... mais décide de se laisser mourir, les bras ouverts sur une automobile fonçant droit sur lui après qu'il ait tué d'une balle dans la tête le forcené nazi qui la conduisit.

Son fils le sauve in extremis... pour le tuer de sang froid la seconde d'après (sur demande de son père tout de même...). Tout ceci est absolument grotesque et relèverait presque de la comédie.

Même la scène funéraire (scène finale) nous laisse de marbre, aucune émotion ne ressort de cette partition si froide et si mal orchestrée.

Il reste néanmoins une scène franchement réussie, celle qui montre un Tommy Shelby déambulant dans les rues sinistrées de Birmingham sur le dos de son cheval, tel un roi éternel, sur les décombres de son empire anéanti.


Cette scène sera finalement tout ce qu'il faudra retenir de cette "suite et fin". Elle démontre ce qu'est finalement la vie de Tommy Shelby, une vie de solitude, de douleur, de bravoure, de gloires éphémères souvent ternies par une profonde tristesse et dont le socle n'est qu'un champ de ruines.


Tommy Shelby sait encore parler le romani et encore murmurer à l'oreille des chevaux.


L'histoire de la famille Shelby s'arrête donc bel et bien avec le dernier épisode de la saison 6. Ce film n'est qu'un surplus dont on se serait bien passé.


L'épilogue, le véritable, est donc celui-ci :


"Après la disparition de Ruby, Tommy entreprit l'élimination de ses derniers ennemis, brûla sa roulotte et le feu consumma tous les souvenirs du passé. Il s'en alla au loin dans la vallée sur un cheval de robe blanche, signe d'espérance et de lumière . Il se retira dans les contrées lointaines de la campagne anglaise. Personne n'entendit plus parler de Tommy Shelby après cela.


On raconte qu'il mourut à un âge avancé, au beau milieu du morne hiver".


Tommy Shelby était un cavalier solitaire, un roi romanichel éternel, à cheval sur un champ de ruines.





CharlesSontag
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le 22 mars 2026

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