C'est sans grande conviction que je jetais un coup d'oeil à "Pearl". D'une part parce que la hype A24 me gonfle. D'autre part car le travail de Ti West m'ennuie ou m'agace. Et enfin car il est la préquelle de "X", assez mauvais souvenir de l'an dernier.
Et malgré ces freins, "Pearl" m'a réellement capté.
Situé en 1918 et entièrement centré autour de l'antagoniste de "X", "Pearl" narre la bascule psychotique d'une jeune provinciale un peu particulière, aux rêves trop grands et le fracas sanglant de ses fantasmes sur le mur de la réalité.
Par une réappropriation très ironique des codes de l'âge d'or (Technicolor saturé, jeu ampoulé, musique au kilomètre,...), Ti West fait sienne l'inquiétante étrangeté de son héroïne et nous entraine dans son esprit malade à la manière de Ari Aster ou de Marjane Satrapi sur le formidable "The Voices".
Avec le parcours de Pearl comme colonne vertébrale de sa narration, Ti West tient un véritable et solide enjeu, alternant empathie et dégoût tout au long d'une déchéance qui n'est pas sans rappeler le "May" de Lucky McKee.
Porté par la performance de l'incroyable Mia Goth, West articule son thriller psychologique autour de scènes fortes, aux dialogues tendus et impeccables précédant la folie meurtrière attendue. La montée en crescendo est évidente, implacable et sans superflu.
Pas de gras en somme, juste le nerf, le muscle et l'os.
Et tant qu'à parler de chair, si le film n'est pas une boucherie, il réserve cependant son lot de saillies gore bien méchantes. Juste à la bonne dose là encore pour contenter le fan d'horreur sans dégoûter le néophyte.
Ramassé, tenu de bout en bout, "Pearl" est un projet complet, carré et à mon sens le meilleur film de son réalisateur. De quoi donner envie de voir "MaXXXine", dernier opus de ce qui sera une trilogie.
PS : Pas besoin de voir "X" pour apprécier "Pearl", je vous économise 1h50 au passage.