Décidément, la trilogie qu'est en train de mettre en place Ti West avec Mia Goth est pleine de surprises.
3 Trois pieds de nez aux attentes du public :
I : Alors qu'on pense tomber sur un préquel, l'action de "Pearl" commence à la fin de la première guerre mondiale et donc 60 ans avant le début de "X". C'est intéressant pour ceux qui ont vu le film précédent puisque le réal joue avec nos attentes : on est censé connaître la suite de l'histoire du personnage principal, mais est-ce vraiment la même personne ?
II : Le deuxième pied de nez aux attentes du spectateur est celui du genre, puisqu'on n'a plus véritablement à faire à un film d'horreur : "Pearl" glisse intelligemment du coté du Thriller voire du Drame psychologique, en délaissant les jumpscares, le gore, et surtout la nuit. Le film rappelle ainsi Midsommar par son absence d'obscurité et sa photographie très saturée. L'antagonisme est bien présent, avec ce carcan familial dont il est dur de s'extraire, mais les relations se révèlent plus complexes que prévu au fur et à mesure du déroulement de l'intrigue...
III : Le dernier pied de nez est celui du protagoniste central. Alors qu'on pensait retrouver l'héroïne paumée mais badass de "X" le film raconte au contraire l'entrée progressive dans la folie d'un personnage perdu et dérangé. Même si on singe les productions MGM des années 30 dans le visuel et que le film est une parodie étrange du magicien d'Oz, Pearl est l'anti Dorothy, l'anti girl next door du film d'horreur classique.
Une proposition différente :
Alors que je pensais voir un film d'horreur, je dois dire que j'ai donc été dérouté par ce qui m'était proposé. Pour autant, "Pearl" est une proposition différente et intéressante. D'abord grâce à la performance incroyable de son actrice (Mia Goth au top du top) et de ses seconds couteaux (le projectionniste et son charisme). Mais aussi par la réalité crue de l'écriture de certaines scènes qu'on n'a pas l'habitude de voir au cinéma (comme par exemple la partie de jambes en l'air avec l'épouvantail qui se révèle aussi excitante qu'elle n'est finalement pas si décalée que çà). Je dois également parler des deux plans séquences du film, incroyables et incongrus d'écriture et de jeu d'acteur. Pépite.
Quelques défauts quand même par ci par là, une certaine lenteur et un propos dilué dans trois films plutôt qu'un seul : le sort de ces jeunes femmes de campagne qui rêvent trop grand et qui terminent mal. Beaucoup de clin d'oeil à des classiques d'époque et le même décor que dans "X", mais vu le budget du bougre, rien que pour voir son actrice prolonger le rôle de sa vie, j'attend impatiemment le troisième opus "Maxxine"