"Pearl", réalisé par Ti West, s'inscrit dans une trilogie improbable autour des personnages de Pearl Douglas et de Maxine Minx sur fond d'hommage au cinéma d'exploitation. Faisant suite à "X" (sorti un an plus tôt), "Pearl" est une origin story puisque son histoire se situe plus de 50 ans avant celle de "X".
A première vue, "Pearl" se veut comme un hommage du réalisateur au cinéma hollywoodien des années 30 à 50 : couleurs chatoyantes, musiques d'époque, hommage à la comédie musicale au travers d'une scène clé.
Néanmoins, très vite, le spectateur/trice se rend compte que le fruit est pourri de l'intérieur. Cette vie, en apparence idyllique, de Pearl masque mal son mal-être intérieur. Jeune fermière pleine de rêves, la vie de Pearl est bridée par une mère castratrice (le spectre de "Carrie au bal du diable" n'est jamais loin) et un sentiment d'être différente et de ne pas répondre aux normes imposées par la société. Un terrain propice au déraillement psychologique du personnage, magistralement interprétée par Mia Goth qui porte l'ensemble du film. Tour à tour émouvante, bouleversante, flippante, amusante, le talent de l'actrice explose et culmine dans un long monologue de 8 minutes où elle passe (et nous fait passer) par toutes sortes d'émotions. Un monologue puissant sur le ressenti des personnes souffrant de maladie mentale.
Le tout est également bien aidé par la réalisation stylisée et originale de Ti West, opérant un croissement étonnant et jouissif entre l'usine à rêves d'Hollywood ("Le magicien d'Oz", "Autant en emporte le vent", ...) et le cinéma bis de la contre culture américaine (l'influence de "Massacre à la tronçonneuse" est manifeste). Un croisement illustrant au mieux les rêves brisés de Pearl, dont l'esprit tourmenté basculera progressivement dans la folie et la violence. Le film se transformant, dès lors, petit à petit, en slasher peu avare en scènes chocs.
En conclusion, une excellente surprise à voir en priorité pour la performance de Mia Goth mais pas que.