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le 18 mars 2026
SuivreJamais scabreux
Péché véniel constitue le deuxième volet de la collaboration entre Laura Antonelli et le réalisateur Salvatore Samperi, après le succès retentissant de Malicia. Ce diptyque sera prolongé, bien plus...
Péché véniel constitue le deuxième volet de la collaboration entre Laura Antonelli et le réalisateur Salvatore Samperi, après le succès retentissant de Malicia. Ce diptyque sera prolongé, bien plus tard, par un troisième film, Malicia 2000, tentative tardive de raviver une formule qui avait marqué son époque.
Samperi reprend ici un dispositif narratif éprouvé : l’éveil du désir chez un adolescent fasciné par une femme plus âgée. Le jeune protagoniste est incarné par Alessandro Momo, dont la carrière fulgurante, notamment dans Parfum de femme, sera tragiquement interrompue. Le film s’inscrit dans une temporalité estivale, typique du cinéma italien des années 70 : chaleur diffuse, oisiveté des vacances, et sensualité latente d’un bord de mer propice aux fantasmes.
Mais là où le spectateur contemporain pourrait s’attendre à une démonstration appuyée d’érotisme, Péché véniel déjoue ces attentes. Samperi privilégie une mise en scène de la suggestion plutôt que de l’exposition. Le désir s’exprime dans le détail : une jambe découverte, une épaule offerte, un geste suspendu. Laura Antonelli, filmée avec une infinie délicatesse, incarne une sensualité feutrée, presque mélancolique. Son visage légèrement las, capté par une photographie d’une grande douceur, devient le véritable foyer érotique du film — bien loin des standards contemporains souvent plus ostentatoires.
Au-delà de son vernis sulfureux, Péché véniel s’impose surtout comme un film de l’entre-deux : entre innocence et trouble, fantasme et réalité. Il déploie une forme de romantisme discret, presque fragile, qui peut aujourd’hui susciter un certain malaise au regard de son sujet. Pourtant, la mise en scène de Samperi, empreinte de retenue et de pudeur, désamorce en grande partie ces tensions. Le regard du cinéaste, jamais voyeuriste, confère à l’ensemble une légèreté ambiguë, où le désir reste avant tout un territoire de rêverie.
Créée
le 18 mars 2026
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