YIELD TO THE NIGHT a tout du meilleur du cinéma de Jack Lee Thompson : la noirceur du sujet, la violence, de la cruauté, le désespoir intime. Le réalisateur a toujours été meilleur lorsqu'il faisait des films noirs et thrillers, qui lui permettait de mettre en scène une atmosphère pleine de nervosité. Quand bien même il s'agit là d'une adaptation, tous ces éléments y sont.
Le plus fascinant n'est pas le discours contre la peine de mort que le film peut proposer. Mais c'est bien le portrait de personnages construit. Sans dévoiler les effets de narration choisis pour dresser ces portraits, l'impact de la possible peine de mort sur l'intimité / sur l'individuel est bien plus passionnant. Si bien que le film commence directement avec un meurtre. Jack Lee Thompson montre alors que ce n'est pas cela qui l'intéresse le plus, et qu'il a besoin de cette tension dès le départ.
Parce que tout son film, toute sa mise en scène, repose finalement sur une autre tension. Celle de savoir si la protagoniste Mary sera condamnée à mort ou si elle serait pardonnée. Mais ce n'est pas tout, car c'est également celle qui prend sa source dans le mélodrame d'un triangle amoureux. Que ce soit dans le contexte du meurtre ou ensuite dans son attente en prison, la nervosité de Mary se projette dans l'approche du cinéaste. Cela permet à Jack Lee Thompson de renverser petit à petit sa thématique : le discours anti peine de mort se révèle surtout par être un discours sur la psychologie. Quelle place ont les traumatismes dans nos actes ? Et surtout, quelle valeur leur donner dans les jugements des pires actes ? Quel degré de compassion faut-il dans ces cas ?
Que ce soit dans les causes du meurtre ou dans son attente en prison, l'isolement, la mort et le temps qui passe guettent toujours Mary (Diana Dors). Les plans semblent l'épier comme une déstabilisation psychologique, les ombres semblent la traquer sans relâche, et des horloges s'imposent quasiment partout. Elle a succombé à une noirceur tout en ayant la conscience de l'avoir fait, mais ne pouvant pas s'échapper de cet univers où elle s'est abandonnée. En quelque sorte, le cœur de Mary a quitté le monde dans lequel vivent tous les autres personnages, et l'échappatoire creuse sa distance. Jusqu'à un final suffocant et éprouvant émotionnellement.