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Boredom of press
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le 7 févr. 2018
Si on vous dit Steven Spielberg, vous pensez bien sûr à ses films de science-fiction tels que Jurassic Park ou E.T. Mais ce dernier s'est également fait un nom grâce à ses films à dimension historique, à commencer par La Liste de Schindler en 1993. Ont suivi Lincoln puis Le Pont des espions l'année dernière qui s'apparentent plutôt à des films politiques. Et, avec Pentagon Papers, Spielberg livre un film au discours politique très actuel. C'est avant tout un film sur la place des femmes dans la société. Katharine Graham, interprétée par la superbe Meryl Streep, a beau être la première directrice du Washington Post, elle n'est pas pour autant intégrée au sein du monde journalistique, principalement peuplé d'homme. Meryl Streep campe ici une femme d'abord maladroite, timide et mal à l'aise (très loin de Miranda Priesly) et signe son énième nomination aux Oscars (elle bat quand même son propre record, à hauteur de vingt nominations !). Outre Streep, c'est le duo Streep-Hanks qui marche à merveille ; Hanks qui retrouve Spielberg après trois collaborations.
Dans la lignée des films qui mettent en scène des journaux qui dénoncent (comment ne pas penser au film Les Hommes du président de Alan J. Pakula à propos du scandale du Watergate, ou plus récemment Spotlight de Tom McCarthy sur les prêtres pédophiles à Boston), Pentagon Papers parle bien évidemment de la situation de la liberté aux États-Unis et surtout la liberté de la presse. Avec Josh Singer comme scénariste, qui a par ailleurs signé Spotlight, la série À la Maison Blanche ou encore Le Cinquième pouvoir qui posait déjà la question de la liberté de la presse, Pentagon Papers défend le droit de publier et parle de la responsabilité qu'a la presse envers les citoyens au sein de la société. Cette question de la responsabilité est justement bien mise en scène, particulièrement dans les scènes de groupe, où se mêlent tension et doute, et qui permettent aux acteurs de déployer leurs talents.
Un rythme soutenu, une mise en scène efficace, des dialogues maîtrisés et une ambiance à la Pakula caractérisée par la détermination des reporters, les nombreuses scènes dans les bureaux où se confondent cigarettes et machines à écrire, Pentagon Papers ne manque pas de rythme et de suspense et s'affirme comme un bon film du début d'année (sûrement pas le meilleur de 2018 mais un bon film quand même) qui repose essentiellement sur la performance des acteurs, à commencer par celle d'une Meryl Streep féministe. Mais plus que féministe, Spielberg a un discours on ne peut plus actuel, tourné principalement vers Donald Trump et sa politique qui menace la liberté de la presse aux États-Unis, ce qui nous amène à nous poser la question : qu'en est-il de cette liberté aujourd'hui ?
Créée
le 19 avr. 2018
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