« Si vous n’écriviez pas votre vie, vous ne seriez pas obligée de la perdre »
Une famille jusque-là unie autour de la mère, veuve « (…) privée de l’homme que [elle] aime alors [elle] prends tous les autres ».
Félix Perdrix est mort tant d’années plus tôt, jeune, à 46 ans, laissant un vide impossible à combler, et pour cause !
C’est l’histoire d’un deuil devenu impossible, enkysté dans une culpabilité dont seul le signifiant « émancipation » viendra briser l’entrave.
Le titre même du film n’est pas sans évoquer la recherche du nom du père, à tous les sens du terme. Et pour le retrouver, il va bien falloir le lâcher, le lâcher grâce au masque de la vie « plus on est faux, plus on est libre »
Accompagnée de Spinoza et l'appel au bonheur, Cioran et de l’inconvénient d’être né, et enfin la moitié de la définition de l’amour selon Lacan, la spectatrice que je suis fut emportée jusqu’à l’imperceptible regard de Thérèse – Ardant – Perdrix nous adresse avant la rupture du deuil, l’aboutissement d’un parcours de l’absurde.
Quelque chose de l’atmosphère de Bertrand Blier (Buffet Froid, scène où Bernard Blier au lit de force se trouve entouré de ces violonistes qu’il déteste tant) parcourt la colonne vertébrale du film et notamment dans la scène dans laquelle le capitaine se trouve bien à son insu pris à partie par ses collègues, dont un… dénudé !
Perdrix est un film profondément ancré dans le réel et sa manifestation de l’impossible qu’il représente.
Une ode à la dualité pulsionnelle Vie-Mort, une poésie tournée vers « tout ce dont je rêvais, mais rien de ce que je pouvais imaginer » Un bijou de cinéma !
Bonne séance !