Je ne sais pas si vous avez remarqué la fâcheuse tendance actuelle qu'ont les scénaristes à s'exonérer des dialogues sur certaines scènes ? J'ai même vu des comédies romantiques (ma spécialité) où toute la partie essentielle où les deux tombent petit à petit amoureux, est simplement accompagnée d'un fond sonore comme au bon vieux temps du cinéma muet. On les voit éclater de rire mais vous, on s'en fout, vous saurez pas pourquoi y rient. Et avez-vous aussi remarqué la tendance fâcheuse et actuelle à faire parler les personnages comme des chauffeurs uber ? Et ces pauvres acteurs qui en sont réduits à vous décrire ce qu'ils sont en train de faire dans la scène ? Ça vous parle ? On peut y voir un effort inclusif pour nos congénères malvoyants mais après, faudra pas venir se plaindre si les jeunes préfèrent écouter des podcasts. Je dis à Manue, tiens y passent un truc sur canal si on lui donnait sa chance. Elle fronce, vous devinez quoi. Elle accepte avec, je le sais sans qu'elle ne dise rien, une crainte d'encore tomber sur un.e (si, si là je le mets, l'ego surdéveloppé est unisexe) réal.e qui se sent plus et qui pense que ces rêves tout en couleur, il ou elle se doit de nous les offrir, tellement qui sont riches d'enseignement pour la planète, au minimum.
Et voilà, j'ai eu du flair. C'est très bon. C'est pas que frais. C'est pas que poétique ! Un film que poétique, c'est chiant. Non, c'est un bon film intelligent.
Avec un souci du détail qui montre que l'auteur ne pisse pas de la copie mais remet son ouvrage sur la table tous les jours jusqu'à ce que le producteur lui tape un scandale et lui arrache des mains pour que le film se fasse.
Avec une caméra subjective fugace dont je ne vous parle pas, vous verrez. Avec des acteurs qui sont dirigés. Avec des dialogues écrits par le divan du psychanalyste. J'ai pensé à Jean-Luc Godard sans trop savoir pourquoi mais c'est toujours bon de penser à Jean-Luc Godard, n'est-ce pas ?