La chronique de Hirayam, nettoyeur de toilettes publiques tokyoïte.
Le cinéaste allemand étrenne en octroyant les rôles principaux à des interprètes nippons. Outre une bande originale prodigieuse réutilisant des vieux tubes qui sont manifestement parvenus jusqu’au pays des chrysanthèmes par exemple The house of the rising sun, il y a ce moment suspendu où une serveuse entonne cette même rengaine. Rasage, brossage de dents ou encore arrosage de ses bonsaïs sous forme de spray : l’itération de son quotidien est parfaitement retranscrite. Qu’ai-je donc estimé captivant dans ce métrage où un homme frotte des gogues pendant plus de deux heures ? Wim Wenders réalise une œuvre apaisante sur des fifrelins, qui aurait pu aboutir à un résultat compassé, mais se révèle a contrario un condensé de lyrisme éblouissant et surtout la fin,
avec le protagoniste étant submergé par la mélancolie sur fond sonore de Feeling good à cause, permettez-moi jouer les camusiens, de l’absurdité de l’existence d’esseulé amplifiée par le consumérisme.
D’ailleurs, la conversation avec sa nièce où il découvre Spotify est désopilante. Bref, ce film est un panégyrique dédié aux petits riens journaliers et à la simplicité.