Un grand moment de poésie, d’une personne dont le passé n’est pas évoquée mais qui vit un présent à première vue triste et surtout très solitaire.
C’est dans ses petites habitudes que l’ont perçoit la beauté du quotidien de Hirayama. Son travail qui occupe la plus grande place dans sa vie n’a rien de très attrayant : nettoyer des toilettes. Mais il y trouve son compte en y donnant tout son être et en étant attentionné jusqu’à aller plier le papier toilettes quand il est changé.
Il contemple jour après jour le même arbre, le photographie et à en voir la quantité de boites où ils conservent ses meilleurs clichés, cela fait un bon moment qu’il a commencé. Pourtant il garde le même sourire, la même contemplation face à ce qui peut paraître de très banale pour la plupart des personnes qui ne prennent pas ce temps là.
Le week-end ils changent ses habitudes en enfourchant son vélo plutôt que conduire sa voiture et il se permet de porter sa montre. Par contre s’il va trop loin comme fumer une cigarette, son corps l’y refuse comme si l’aventure n’était plus pour lui.
Cela me fait beaucoup pensé à Tempura de Akiko Õku, mais cette fois si la solitude n’est pas vu en mal mais bien au contraire, elle est sublimée par le sentiment de paix qu’elle procure au personnage.
Wim Wenders signe ici non pas une réplique de film japonais mais un film japonais authentique, du moins c’est ce que j’aime penser, mais mon regard occidental m’en porte peut être défaut.