Il y a dans ce Wim Wenders quelque chose de profondément réjouissant : une leçon d’humilité, sur l’attention portée aux gestes simples, aux détails du quotidien.
À Tokyo, on suit cet homme à la vie minutieusement réglée, dont la discrète élégance et la générosité silencieuse nous enveloppent peu à peu, comme nous l’accompagnons au fil de ses journées. On traverse la ville avec lui, au volant de sa petite camionnette bleue ; on regarde ce qu’il regarde, on savoure ce qu’il savoure. Il lit, photographie, contemple, et surtout, il prête au banal un regard attentif, poétique.
Lorsqu’on lui demande s’il ne se sent pas seul, la question semble glisser sur lui : il n’est pas dans l’attente, il est dans le moment présent. Il vit chaque instant avec une intensité douce, et l’on en vient à envier ce sourire qu’il esquisse chaque matin en levant les yeux vers le ciel. Et pourtant, cette solitude ne se dissimule-t-elle pas, peut-être, derrière cette tendre façade ?
Perfect Days est une petite leçon de vie, un hymne à la simplicité, à savourer sur le doux son des guitares et d’une bande originale sublime, qui rappelle le pouvoir apaisant et unificateur de la musique.