Des personnages, une rencontre. Lui est cuisinier, elle est épistémiologiste. Leur histoire se tisse dans une relative insouciance alors qu'un virus menace l'humanité de lui faire perdre - un à un - ses sens. L'incompréhension cède vite la place au chaos lorsque la perte d'un sens est précédée d'une crise réduisant l'être humain à ses appetits ou sentiments les plus violents. Des zombies, en quelque sorte.
Mais c'est là une force du film : personne ne cherche à sauver le monde. pas de Bruce Willis pour cette fois. Les hommes s'organisent comme ils le peuvent : ils sont abbatus, se rebellent, tentent de trouver des solutions et espèrent.
Dans ce joyeux bordel nos amoureux se découvrent à mesure que les sens foutent le camp, ce qui est habilement mis en scène. Ils sont de cette même veine : des écorchés-vifs, des enfants de marins. Ils sont les spectateurs impuissants d'un monde qui se délite. On ne sait pas s'ils profitent une dernière fois de leur ouïe ou s'ils prennent simplement conscience que l'Apocalypse sonne à la porte. Glacant.
On pourra toujours dire que ça reste une histoire d'amour, ouep, mais putain quel histoire !