Quand on évoque la carrière de Ben Stiller, on peut citer un bon paquet de comédies. Avec quelques bons résultats. Une étiquette d’acteur comique qu’il a voulu atténuer en acceptant ce rôle dramatique. D’autres ont réussi la transition, pas lui.
Jerry Stahl vit une petite vie tranquille d’employé. Quand il rencontre Kitty, il va lui raconter sa vie précédente, marquée par la drogue, beaucoup trop de drogues. Son truc à lui, c'est surtout l'héroïne, loin d'être récréative. Sa dépendance va lui ruiner son travail d’écrivain pour séries, ses amies et surtout sa famille. Inconscient des risques qu’il prend, il va entraîner beaucoup de monde dans sa chute.
Permanent midnight est l’adaptation du livre du même nom. C'est le témoignage de Jerry Stahl qui avait notamment travaillé pour les séries Alf, Génération Pub ou Clair de lune, dont les quadras s’en souviendront peut-être. Il a plongé dans la drogue, s’en est sorti, en a fait un livre, adapté au cinéma, il continue d’écrire notamment quelques bons épisodes des Experts, ça va, merci pour lui.
C’est donc la déchéance d’un homme qui nous est offerte, comme tant d’autres, mais il a travaillé pour la télévision, c’est donc plus croustillant. Si le film ne cache pas l’ineptie des scénarios télévisuels de cette époque, il se prive pourtant d’accuser la drogue qui aurait pu tourner à cette époque. Il est difficile de croire que, dans les années 1980, dans le milieu de l’entertainment, il n’y ait que Jerry Stahl qui en ait pris, que ce soit de l’héroïne ou de la coke, pourtant il semble bien seul, mis à part une ancienne toxico rapidement évoquée.
Mais non, il semblerait plutôt qu’il faille accuser Jerry Stahl de sa propre chute, tout est mis en œuvre pour agir dans ce sens. Il n’y a pas de véritable recherche d’excuses, il est drogué, et ce n’est pas bien. Heureusement, après la chute, ça ne pourra aller que mieux.
Ben Stiller en fait donc un peu trop, ce qui va de pair avec le reste de ses films, diront les langues chagrines. Mais on peut prétendre que c’est pour mieux interpréter son rôle de camé. Fébrilité, sueur et veines gonflées à bloc en sont les principaux traits, dont on remarquera bien vite qu’on fait rapidement le tour de sa prestation de drogué. Quelques acteurs gravitent autour, Owen Wilson en ami compatissant et niais, Elizabeth Hurley en femme dépassée, mais leurs traits positifs semblent artificiels, pour mieux souligner l’inconscience de Jerry.
Si le film n’était pas aussi cru dans sa description de la drogue et dans la démence de Jerry, il pourrait être le lointain héritier de ces films anti-drogues, moraliseurs et sots. Oui, la drogue, c’est mal, d’accord, merci. Et une fois cette pensée profonde exprimée, il ne reste plus grand-chose au film. A part celle d’assister à la dégringolade d’un membre important du show-biz, pour le petit côté voyeur.
Cette expérience permet de mieux comprendre pourquoi les séries télévisées de cette époque avaient si peu d’intérêt.
C’est à cause de la drogue !
(Vous avez bien compris ?)