Persona, œuvre radicale suédoise qui, de la même manière que La Passion de Jeanne d'Arc, transforme le cinéma en véritable photographie de l'âme humaine. Et je fais volontairement le lien avec ce film muet, car là Bergman à la même démarche que Dreyer, c'est à dire filmer quelque chose de mystique par les gros plans sur les visages.
Mais évidemment le suédois rajoute une dimension psychologique et psychanalytique d'une intensité extrême. Et sérieusement, ce parallèle psychologique entre ces 2 femmes, c'est d'une justesse absolue. Pendant tout le visionnage, on sait pas et on se saura jamais la véritable nature de chacune. Est-ce les 2 faces d'une même pièce ? Ou bien deux personnes bien distincts ? La réponse on l'as pas et c'est tant mieux. Et ça serai un mensonge grossiers de prétendre avoir compris le sens.
Parce que sans déconnée, Persona est ce qu'on appelle un miroir brillant, lumineux voire qui t'éblouie presque, par la beauté et l'ingéniosité de la mise en scène. Cette puissance formelle mais que dire ! Ce noir et blanc, cette éclairage, cette photographie Oulla que c'est bon, que c'est agréable. Mais en même temps très dérageant, le film est d'une austérité incroyable, d'un minimalisme bluffant. Il y a en même temps tout et rien, c'est formidable.
Persona est un poème visuel magnifique mais exigeant, intime mais violent, mais surtout complètement bouleversant.