Personne ne bouge
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Documentaire TV (2018)

Schmoll : Le bonheur n'est pas dans le pré mais sur scène !

L'histoire de Claude Moine (allias Eddy Mitchell, Schmoll, 76 ans, commence avec les "Chaussettes Noires" groupe de guitaristes au nom marrant, façon yé-yé des années soixante comme il y en avait tant à l'époque, dans toutes les villes et villages et qui animaient les bals, kermesses, et autres réjouissances ! Un des meilleurs groupes français à l'époque des Sunlighs, Chats Sauvages, Fantômes, Daltons et tant d'autres...
Les "Chaussettes" plutôt BCBG, ne s'appelaient pas comme ça à l'époque et une carrière de chanteur pouvait commencer facilement : Claude prit l'annuaire téléphonique au chapitre "Maison de disques" et la première qu'il trouva, par ordre alphabétique, c'était avec un B comme Barclay, initiateur du microsillon vinyle en France, et qui n'avait pas encore de chanteurs yé-yé sixties auxquels il ne croyait guère pourtant.
Le groupe d'Eddy fut appelé "Chaussettes noires" à la suite d'un partenariat avec cette marque. Tous les teen-agers en portaient, et elles n'étaient pas plus mauvaises que les autres ! Le groupe fit une série de succès comme Daniela qui le lança... puis "Tu parles trop".... Coup dur, les musiciens des chaussettes noires partaient les uns après les autres accomplir leur service militaire à l'armée, et la survie du groupe fut bien difficile à maintenir !
Et puis, Schmoll (surnom d'Eddy) se rendit compte que beaucoup de ses partenaires ne songeaient qu'à s'amuser, et il décida de poursuivre une carrière plus sérieuse en solo...
Les autres membres du groupe se dispersèrent et connurent des fortunes diverses, l'un d'eux devenant propriétaire-gérant d'un supermarché...
Eddy était résigné, si la scène ne voulait plus de lui, il n'en ferait pas une maladie, dirait "bye-bye" et ferait autre chose. C'est ce qui se aurait pu se produire puisqu'il entama une traversée du désert dans les années 70... Il dut son salut à son envol pour Nashville où il découvrit un nouveau style de musique qui lui plut, et qui plut aussi à son public français !
Sur un plan personnel, je trouve que le chanteur n'a jamais été aussi bon que quand il chantait des slows... D'autant qu'il écrivait lui-même les textes de ses chansons : son saxophoniste disait qu'il avait un sens du rythme qui se retrouvait jusque dans ses paroles... Et puis, j'en ai vu défiler des chanteurs comme Eddy au complexe cinéma-dancing du Fresnoy à Tourcoing (Nord) et parmi tous, et des plus grands, celui que j'ai vu qui faisait le plus vibrer la salle aura été lui, et pourtant avec un jeu de scène si sobre !
Bref, vouloir raconter toute une carrière d'Eddy Mitchell, son goût et son talent pour le cinéma (il a été animateur de la "Dernière Séance" en un temps où le directeur des programmes était bien plus avisé qu'en 2018) en 35 mn tenait de la gageure !
L'émission qui le concerne est complètement ratée : on a empilé des bouts de pellicule un peu n'importe comment ,tel un bric à brac, et on a rassemblé pour parler de lui un tas de neus-neus dont on se serait bien passé et dont on se demande s'ils le connaissaient bien ! Par contre, d'anciennes séquences télévisées sont amusantes, et authentiques !
Comme si l'absence de fil conducteur n'était pas suffisante, on a intégré des séquences de dessins animés qui n'ont rien à faire là, et on se serait passés des impressions de Pasqualini, Marie Colmart qui n'apportent rien ! Chatiliez avait lui au moins le mérite d'avoir fait tourner Eddy, et son saxophoniste de le connaître...
Ajoutons que le chanteur a été marié à deux reprises ( en 1961 et en 1980) et qu'il a eu trois enfants dont on espère qu'ils ne se battront pas comme des chiffonniers comme ceux de Johnny....
Je me rappelle cette anecdote où Eddy était dans une émission TV aux côtés de Gainsbourg bien éméché, qui avait déjà corrigé une présentatrice en lui expliquant comment il fallait faire un cocktail, et s'adressa à Eddy en lui disant : "Après les récitals, on s'en est tapés hein des belles gonzesses ?"
Eddy était bien embarrassé et Gainsbourg poursuivit : "Mais on est souvent rentrés à l'hôtel avec des boudins, hein ?" et Eddy d'acquiescer mollement avec une moue : sa femme devait regarder l'émission !
Bref un magazine trop moyen pour un grand du spectacle qui méritait mieux !
Arte le 18.05.2018

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le 20 mai 2018

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