Cette petite vadrouille improvisée rassemble dans un voyage plein de péripéties des femmes désarmées par leur échec conjugal. Délaissée, lassée ou simplement entrainée dans l'aventure, chacune exprime à sa façon son désarroi et sa rancoeur, sa peur de la vieillesse et de la solitude.
Avec son ton en demi-teinte, où la cocasserie alterne avec l'amertume, le film n'est pourtant attachant que lorsque la réalisatrice Marion Vernoux évoque les personnages avec humour ou suggère leur mélancolie par une plaisanterie, une boutade. La construction du récit rappelle parfois Claude Lelouch: des flashback qui affinent la situation de chacune, une histoire en parallèle (celle de Lio) qui converge vers le sujet principal.
Toutefois, le maniérisme de la réalisation, l'utilisation agaçante et abusive des gros plans et, plus généralement, la mise en scène confuse -probablement parce que la cinéaste ne maitrise pas le mode éclaté façon Lelouch- ne proposent en définitive que des bribes de personnalités. De surcroît, en ne privilégiant aucun des rôles, Marion Vernoux prend le risque de survoler seulement et schématiser chacun d'eux.