Brian de Palma ne perd pas son temps avec ‘Phantom of the Paradise’ : quelques mots pour présenter le personnage de Swan et l’intrigue est lancée. En quelques courtes scènes, on passe de l’audition de Winslow Leach à son arrestation, en passant par le vol de sa composition. De ce fait, le scénario apparaît clairement expéditif, à l’image des quelques plans accélérés. Au moins, le film a le mérite d’épargner l’ennui au spectateur.

Mais le véritable problème de l’oeuvre vient de l’impression bordélique crée par un mélange improbable d’influences. Le mythe de Faust et le Fantôme de l’Opéra s’y voient confrontés à une vision extrémiste du showbiz, mais le résultat est à la fois indigeste et fade. Et ce constat s’applique en général. Winslow Leach est un personnage principal finalement très peu sympathique, ni vraiment pathétique, ni vraiment ridicule. De même, sa romance naissante avec Phoenix est transparente, et la jeune femme aurait par ailleurs méritée d’être mieux mise en valeur, puisqu’on s’étonnera même de l’ovation qu’elle reçoit à la fin de son concert. Le scénario finit même pas perdre toute crédibilité, et souffre même d’effets spéciaux dépassés.

Quant à la bande-originale, elle n’est pas complètement satisfaisante. Le morceau d’ouverture est proprement tubesque, les compositions de Winslow ne sont pas forcément inintéressantes, mais le concert au Paradise se révèlera presque déplaisant. On aurait pu apprécier la mise en scènes des différents spectacles, mais le kitsch excessif de l’ensemble rend les shows pénibles.

Heureusement, quelques passages vraiment intéressants parviennent à percer. En particulier, la scène où Winslow Leach joue en studio tandis que Swan modifie sa voix est formidable. Plus succinct, on s’étonnera agréablement de la course dynamique de Winslow dans un couloir. Finalement, la scène la plus forte du film représente aussi un sommet de perversité : ruiné physiquement, ses compositions volées par Swan, Winslow épie, impuissant, son ennemi qui savoure sa victoire dans les bras de Phoenix.

Un fouilli loufoque et dispensable.
Kroakkroqgar
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de Brian de Palma

Créée

le 2 août 2013

Critique lue 1.8K fois

Phantom of the Paradise

Phantom of the Paradise

10

Gothic

le 17 avr. 2014

Suivre

Le chant du Swan

J'ai un poil de sourcil blanc. Déconne pas, c'est sérieux. J'ai peur. Dans peu de temps, j'aurai sûrement un sourcil tout blanc. Un tout blanc et un autre tout noir. Oui je t'ai pas dit, j'ai deux...

Phantom of the Paradise

Phantom of the Paradise

10

Gand-Alf

le 22 avr. 2012

Suivre

The hell of it.

Quand on dit film culte rock, on pense le plus souvent au génial Rocky Horror Picture Show. Soit. Mais ce serait oublier bien vite qu'un an avant, un Brian De Palma pas encore auréolé du succès de...

Phantom of the Paradise

Phantom of the Paradise

9

real_folk_blues

le 26 août 2013

Suivre

Veste skaï story

Phantom of the Paradise c’était d’abord pour moi ce visage masqué, iconographique, longtemps distillé dans les parutions du magazine le plus fou de France. Je n’ai jamais su de quoi il était question...

Brazil

Brazil

5

Kroakkroqgar

le 16 avr. 2013

Suivre

Critique de Brazil par Kroakkroqgar

Si Brazil est le chef d'œuvre du réalisateur Terry Gilliam, il ne convaincra pas tout le monde en tant que chef d'œuvre tout court. Tout d'abord, le spectateur est jeté dans une société réglée par...

Vidéodrome

Vidéodrome

5

Kroakkroqgar

le 2 août 2013

Suivre

Critique de Vidéodrome par Kroakkroqgar

‘Videodrome’ traite du rapport des hommes à la télévision, comme ‘ExistenZ’ le fera pour les jeux-vidéos. Seulement, le scénario est tellement obscur que le propos en devient confus. Entre un...

La La Land

La La Land

4

Kroakkroqgar

le 25 janv. 2017

Suivre

Critique de La La Land par Kroakkroqgar

Difficile de dissocier 'La La Land' de sa couverture médiatique : plébiscité par les médias et triomphe absolu aux Golden Globes, la comédie musicale surfe sur la vague qu'elle a cherché à provoquer...