Âgé de 36 ans, je découvre ce grand classique du cinéma américain des années 50 pour la première fois. L’affiche du film, m’avait déjà tapé à l’œil, William Holden ("Boulevard du Crépuscule") chemise déchirée serrant dans ses bras la belle Kim Novack ("Sueurs Froides"), mais je n’avais jusqu'alors, jamais eu l’opportunité de découvrir ce mélodrame symbolique d’une société en pleine révolution.


Véritable classique des années 50, donc, cette adaptation d’une pièce de théâtre du cinéaste et dramaturge Joshua Logan, à qui l’on doit les films "Sayonara" et "La Kermesse de l’Ouest", nous narre avec brio, l’importance du paraître, du physique, et des jugements d’autrui à travers des personnages qui ne cherchent qu’à être aimé et apprécier pour ce qu’ils sont, et non pour ce qu’il semble être. Une psychanalyse prématurée d’une société qui s’engouffre dans une Amérique rurale fondée sur l’idéalisme
.
S’il est vrai que Kim Novack est des plus charmantes, j’avoue avoir été totalement séduit par Susan Strasberg ("Kapo", "Hurler de peur"), puisque la sincérité de son personnage et sa mise en marge de la société telle qu’on veut la créer, son intelligence et son innocence, m’ont d’abord fait penser qu’elle pourrait en être la principale héroïne. Mais non, le film développe jusqu'au bout son idée que les gens sont faits pour être mis dans des cases, même si la proximité des deux héros va en quelques sortes à l’encontre de cette société totalement dingue. Toutefois, c’était écrit, c’est bien la belle et le beau qui doivent finir ensemble. Enfin, peut-être...
La belle choisira un homme pour lequel, elle n’est pas promis, cet homme qui lui n’a semble t'il pas choisi son meilleure destinée jusqu’alors, tandis que la jeune sœur intello constate impuissante, cette incroyable folie qui émerge de chacun des personnages du film, leur absurdité d’idéalisme, leurs déchirements et leurs regrets, ainsi que la cruauté et l’amour qui les dépasse.


Le film est plutôt intense, et remarquablement mis en scène, les comédiens sont splendides et dotés d’un talent indéniable. La photographie et les couleurs chatoyantes, provoquent l’émotion et garantissent un spectacle riche et émouvant. La fin, laisse libre court à nos idées, à vous de voir si l’intrigue n’est que noirceur ou bien épanouissement. Mais en tout cas, ce qui est certains, c’est que l’œuvre finale est remarquable ! C'est tout simplement du grand cinéma !

CVOR
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le 11 févr. 2018

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