Remake d'un film Argentin baptisé sobrement 4x4 (2019), il fallait inéluctablement, à l'instar du phénomène Danois The Guilty, que Hollywood remake ce high-concept un peu fauché. Le pitch ? Un voleur de voiture se fait piéger dans un SUV blindé, avec une sacrée technologie de pointe, permettant de torturer à sa guise le malheureux par l'intermédiaire du propriétaire du véhicule, Sir Anthony Hopkins. Piégé devait avoir l'objectif de nous sortir un peu de cette léthargie ambiante niveau cinéma en 2025. Mis à part Better Man, je n'ai été que peu emballé par l'amoncellement de trucs abscons que je suis allé voir en salles (Oui, j'en ai loupé plein et j'aurais peut-être dû mieux choisir mes films certainement. Mais entre Captain America 4, Mercato, Mickey 17, Le Secret de Khéops, Novocaine et Minecraft, j'oscille entre le "meh" et le pourri tout plein).
Je n'ai donc pas boudé mon plaisir devant cette série B bien rythmée, sympathique, avec un vrai propos pessimiste sur l'espèce humaine. L'être humain est pourri de l'intérieur, la justice est pointée du doigt et on promeut la loi du talion. Le personnage de Bill Skarsgard est poussé dans ses retranchements de sorte que son changement d'état ne soit pas capillotracté. Anthony Hopkins vampirise le long-métrage rien qu'avec sa voix. On aurait cependant aimé un peu plus de cruauté visuelle pour nous percuter un peu plus. Piégé semble aussi avoir le besoin d'évacuer le fait d'être figé dans un parking. Les moments où la voiture est en mouvement se révèlent intéressants d'un point de vue scénaristique, faisant le point de bascule entre le véritable antagoniste de l'histoire (Ce n'est plus Bill le gentil voleur qui ne fait du mal à personne, mais Anthony l'irascible, persuadé à la suite d'un drame que la pègre est une méchante gangrène mondiale).
On nous offre quelques confrontations verbales bien pensées à défaut d'être originales et une fin malgré tout un peu abrégée. Un bon film qui, on espère, en amènera encore de meilleurs dans son sillage.